Holocauste : Elie Buzyn, rescapé d'Auschwitz animé par le devoir de mémoire

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Dr Elie Buzyn, acien déporté d’Auschwitz. Photo: ONU/Jean-Marc Ferré

C'est ce vendredi 27 janvier que sera commémoré le 72e anniversaire de la libération d'Auschwitz-Birkenau, le plus grand camp d'extermination nazi situé en Pologne, où plus d'un million de personnes sont mortes pendant la Seconde Guerre mondiale, presque tous des Juifs.

Mais c'est ce jeudi que le Bureau des Nations Unies à Genève a honoré la mémoire des victimes de l'Holocauste. Et à cette occasion, ONU-Infos a recueilli le témoignage du Dr. Elie Buzyn, un ancien déporté juif de Pologne (Lodz) à Auschwitz. L'octogénaire qui vit actuellement à Paris insiste sur le devoir de mémoire afin que cette tragédie sans précédent de l'histoire de l'humanité ne soit jamais oubliée.

 

Elie Buzyn est un survivant d'Auschwitz et des marches de la mort. Ce chirurgien à la retraite a quitté la Pologne pour la France après la guerre. Et longtemps, comme beaucoup de rescapés des camps, l'octogénaire s'est tu ou n'a pas voulu revoir Auschwitz. Et puis Elie Buzyn s'est senti investi du devoir de transmettre la mémoire de la Shoah, auprès de jeunes qu'il appelle à être « des témoins des témoins ».

Alors, aujourd'hui, il continue de témoigner sur les horreurs d'Auschwitz et la tragédie de l'Holocauste, pour que ceux qui ont été exterminés ne soient jamais oubliés. Et tout au long de cet entretien avec ONU-Infos, on retient surtout son instinct de survie, un récit, entre héroïsme et hymne à la vie. Comme pour se souvenir des paroles de ma mère, quand il a eu 13 ans. « Nous étions dans un camp, et elle m'a parlé comme à un homme, me disant que mon père et elle ne survivraient pas à la guerre, et m'ordonnant de le faire pour eux. Pour retrouver les nôtres, et leur dire ce qui était arrivé. J'ai tenu parole… »

Alors au nom des siens et de tous les anciens déportés, il continuera de témoigner sur cette tragédie ignoble, ce devoir de mémoire. Comme un écho au thème retenu pour la commémoration de cette année, l'éducation, clef d'un avenir meilleur. « Car si on oublie, tout peut recommencer », avertit-il.

C'est pourquoi, durant cet entretien, Elie Buzyn s'est non seulement inquiété de l'intolérance et de l'antisémitisme mais a aussi dénoncé toutes ces formes d'extrémisme religieux. L'ancien rescapé n'entend pas donc baisser les bras. Il continuera à témoigner et surtout d'être aux avant-postes dans ce combat contre l'antisémitisme et le fanatisme religieux.

(Interview : Elie Buzyn, ancien déporté juif d'Auschwitz ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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