Décès de l’ancien Président portugais Mário Soares: le chef de l’ONU salue la mémoire d’un « homme de liberté »

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António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies (Photo:UN Photo)

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a rendu hommage samedi à l’ancien chef d’Etat portugais, Mário Soares, décédé le même jour à Lisbonne à l’âge de 92 ans.

« C’est avec une émotion profonde et un sentiment aigu de perte que j’ai appris le décès du Président Mário Soares », a déclaré le Secrétaire général dans un communiqué.

M. Guterres s’est entretenu avec la fille et le fils de M. Soares à qui il a fait part de sa sympathie dans ce moment douloureux. Il a transmis ses plus profondes et chaleureuses condoléances à la famille de celui qui fut Premier ministre du Portugal à deux reprises, de 1977 à 1978 puis de 1983 à 1985, et Président de la République portugaise pendant deux mandats consécutifs de 1986 et 1996.

« Mário Soares a laissé une marque indélébile sur la vie politique portugaise, fruit de son engagement politique ferme et courageux et des principes et valeurs qu’il a constamment poursuivis tout au long de sa vie », a déclaré le chef de l’ONU, lui-même Portugais, soulignant que « la liberté était toujours sa valeur fondamentale ».

« Nous lui devons en grande partie la démocratie, la liberté et le respect des droits fondamentaux que tous les Portugais ont pu jouir ces dernières décennies et qui sont aujourd’hui des valeurs établies dans notre pays », a ajouté M. Guterres, qui a dirigé le gouvernement portugais de 1995 à 2002.

Pour le Secrétaire général, qui fut auparavant son Premier ministre dans les derniers mois de sa présidence, « Mário Soares restera dans notre mémoire et dans l’histoire de notre pays comme un homme de liberté, qui a voulu que tous vivent en liberté et qui s’est battu durant toute sa vie pour réaliser cet espoir ».

M. Guterres a toutefois souligné que l’héritage de Mário Soares va bien au-delà de son pays. « Ce n’est pas seulement parce qu’il était responsable de l’intégration complète du Portugal dans la communauté internationale », a dit le Secrétaire général. « Mais aussi parce que son engagement en faveur de la liberté et de la démocratie font de lui un de ces rares leaders politiques d’une véritable stature européenne et mondiale », a-t-il salué.

Après la révolution des œillets du 25 avril 1974 qui mit fin à la dictature au Portugal, M. Soares fut nommé Ministre des affaires étrangères du gouvernement provisoire. A ce titre, il intervint une première fois à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 1974 pour affirmer l’engagement du Portugal à reconnaitre l’indépendance et le droit à l’autodétermination des territoires sous son autorité en Afrique. M. Soares revint ensuite à la tribune de l’Assemblée générale en 1998 et en 1995 en sa qualité de Président de la République portugaise.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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19/10/2017
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