Chypre : les pourparlers sont sur la bonne voie, selon l'envoyé de l'ONU

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Le Conseiller spécial sur Chypre, Espen Barth Eide, devant la presse à Genève. Photo ONU/Violaine Martin

Au troisième et dernier jour du nouveau cycle de négociations sur Chypre qui se tiennent sous l’égide de l’ONU à Genève, le Conseiller spécial du Secrétaire général pour l’île, Espen Barthe Eide, a reconnu mercredi qu’il « reste du travail à faire », mais que les pourparlers sont « sur la bonne voie ».

Lors d’une conférence de presse organisée à la mi-journée au Palais des Nations, le Conseiller spécial a indiqué aux journalistes que la matinée de mercredi fut productive et que beaucoup de choses se sont passées ces dernières 48 heures au cours des discussions entre le dirigeant chypriote grec, Nico Anastasiades et le dirigeant chypriote turc, Mustafa Akinci.

« Nous avons traité certaines des questions les plus difficiles », a dit M. Eide, soulignant qu’il était très important que l’ensemble des négociateurs aient pu utiliser les trois jours de pourparlers de façon optimale.

Bien qu’il y ait encore du travail à faire, le diplomate norvégien s’est félicité de l’état des négociations. « Je pense que nous sommes à peu près là où nous voulions être à ce stade », a-t-il déclaré. « Si les questions que nous avons amenées avec nous à Genève avaient été faciles, nous ne serions pas ici », a-t-il dit, rappelant que certains éléments des pourparlers, qui se déroulent depuis 20 mois, ne pouvaient être traités qu’à la fin. « Et c’est ce que nous essayons de faire. Il reste du travail à faire », a-t-il souligné. « Il s’agit de la meilleure chance que nous ayons ».

M. Eide qui travaille avec les deux délégations depuis 20 mois a de nouveau salué la détermination, la volonté et le leadership de M. Anastasiades et de M. Akinci, « qui malgré les nombreux obstacles auxquels ils ont été confrontés et sont encore confrontés, sont toujours déterminés à résoudre ensemble ce problème ».

« Jamais auparavant nous n’avions eu un échange ou une présentation de cartes créées par les délégations chypriotes elles-mêmes », a dit l’envoyé de l’ONU rappelant que du temps du Plan Annan soumis par l’ancien Secrétaire général, la carte finale avait été proposée par les Nations Unies et non par les Chypriotes eux-mêmes. « Cette fois, fidèle au principe selon lequel chaque phrase et virgule est écrite par les Chypriotes, les cartes qui seront présentées par les parties aujourd’hui sont des cartes qu’ils ont développées à partir des conversations à Mont Pèlerin et après, c’est donc très important », a dit M Eide.

Le Conseiller spécial a indiqué que les négociations pourraient se poursuivre assez tard dans la soirée de mercredi, l’objectif étant est que toutes les parties soient prêtes à aborder en profondeur les discussions portant sur la questions de sécurité et des garanties lorsque débutera jeudi la conférence internationale sur Chypre en présence des pouvoirs garants (Grèce, Turquie et Royaume-Uni) et de l’Union européenne (UE).

Quel qu’en soit le résultat, M. Eide a estimé que la conférence qui s’ouvre jeudi à Genève, est « historique », car ce sera la première fois dans ce processus que les pouvoirs garants rencontreront les Chypriotes pour discuter des questions difficiles de la sécurité et des garanties.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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17/10/2017
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