A Helsinki, l'ONU souligne les besoins humanitaires des populations touchées par la crise syrienne

Écouter /

Dans l'est d'Alep, en Syrie, des enfants collectent de l'eau pour leur famille dans le quartier de Shakoor. Photo UNICEF/Khuder Al-Issa

L’ONU et le gouvernement finlandais ont donné lundi le coup d’envoi d’une conférence internationale consacrée aux réponses humanitaires à la crise syrienne qui entre dans sa sixième année, alors qu’au même moment une réunion se déroulait à Astana, au Kazakhstan, sur la consolidation du cessez-le-feu en Syrie.

Pendant deux jours, la ‘Conférence d’Helsinki pour le soutien aux Syriens et à la région’ réunit différents acteurs humanitaires et du développement afin de fournir un aperçu des priorités humanitaires clés pour 2017 et de lancer le Plan régional pour les réfugiés et la résilience (3RP) en réponse à la crise syrienne.

430.000 réfugiés palestiniens en Syrie ont besoin d’aide humanitaire (UNRWA)

Participant à la conférence, le Commissaire général de l’Office de secours et travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), Pierre Krähenbühl, a appelé « le monde à ne pas oublier les quelques 560.000 réfugiés palestiniens dont les vies ont été affectées par l’aggravation du conflit en Syrie ».

« Aujourd’hui, 430.000 réfugiés palestiniens – 95% des réfugiés palestiniens restant en Syrie – ont besoin d’une aide humanitaire », a rappelé M. Krähenbühl. « Au total, 280.000 personnes sont déplacées à l’intérieur du pays et environ 43.000 sont piégées dans des zones difficiles d’accès ou assiégées », a-t-il ajouté, précisant par ailleurs que plus de 30.000 réfugiés palestiniens de Syrie ont fui au Liban et près de 17.000 ont fui vers la Jordanie où ils sont confrontés à une existence marginalisée et précaire.

« Si les ravages physiques du conflit sont visible pour tous, les conséquences humaines, la peur et la souffrance accumulées sont parfois plus difficiles à évaluer », a souligné le chef d’UNRWA. « En Syrie, nous avons affaire à une autre génération de Palestiniens qui subissent le traumatisme du déplacement et de la perte sous ses multiples formes », a-t-il alerté.

UNRWA a récemment lancé un appel international de 411 millions de dollars pour aider les Palestiniens piégés dans la crise régionale syrienne.

L’UNRWA est le principal fournisseur direct d’assistance aux réfugiés palestiniens touchés par le conflit en Syrie. Les interventions comprennent de l’aide en espèces, de l’eau et de l’assainissement, de la nourriture, des articles non alimentaires essentiels, du logement, des services de santé, d’éducation, des moyens de subsistance, de la microfinance et de la protection.

187.000 enfants réfugiés syriens au Liban ne vont pas à l’école (UNICEF)

Au premier jour de la conférence, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a présenté un nouveau documentaire interactif donnant un aperçu intime de la vie des enfants syriens réfugiés au Liban dans le but d’apporter un visage humain aux défis discutés à Helsinki.

Rassemblant les histoires de 19 enfants, le documentaire intitulé #ImagineaSchool fournit un compte rendu de première main des défis auxquels sont confrontés les réfugiés syriens dans leur lutte pour accéder à l’éducation.

Selon le Fonds, près de la moitié des enfants syriens en âge d’aller à l’école au Liban – 187.000 – ne sont pas scolarisés. Le pays accueille le plus grand nombre de réfugiés par habitant dans le monde. Au lieu d’obtenir une éducation, des milliers d’enfants syriens, certains dès l’âge de six ans, travaillent dans l’agriculture, les usines, la construction et dans les rues.

« La pauvreté, l’exclusion sociale, l’insécurité et les barrières linguistiques empêchent les enfants syriens d’obtenir une éducation, laissant toute une génération déshéritée, appauvrie et menacée d’être poussée au mariage précoce et au travail des enfants », a déclaré la Représentante de l’UNICEF au Liban, Tanya Chapuisat, dans un communiqué.

L’UNICEF et le gouvernement libanais fournissent un accès aux écoles publiques à plus de 150.000 enfants réfugiés syriens. Pour que davantage d’enfants apprennent mieux, l’UNICEF a lancé un appel de 240 millions de dollars pour des programmes d’éducation au Liban pour 2017.

« En travaillant avec le gouvernement, les donateurs et les partenaires, nous avons réussi à mettre à l’école près de la moitié des enfants syriens réfugiés vivant au Liban. Maintenant il est temps d’atteindre l’autre moitié afin que chaque enfant ait une chance d’obtenir une éducation de qualité », a déclaré Mme Chapuisat.

570 millions d’Euros de l’Allemagne pour une aide alimentaire à près six millions de Syriens (PAM)

A l’ouverture de la conférence d’Helsinki, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) a annoncé que sur les 791,5 millions d’euros que lui a octroyés l’Allemagne en 2016, 570 millions d’euros ont été consacrés à la Syrie et aux pays voisins et ont permis de rétablir l’aide alimentaire à près de six millions de personnes vulnérables.

« Pour les personnes touchées par la crise syrienne, le soutien de l’Allemagne a contribué à fournir une bouée de sauvetage et un soutien à des millions de personnes dans leur région d’origine », a déclaré la Directrice exécutive du PAM, Ertharin Cousin.

La contribution allemande de 570 millions d’euros aux opérations du PAM en Syrie et dans la région a permis au programme de rétablir complètement l’aide alimentaire à plus de quatre millions de personnes en Syrie et de fournir des bons électroniques alimentaires à 1,6 million de réfugiés dans les pays voisins.

Le financement du gouvernement allemand a également aidé le PAM à acheminer des vivres à travers des largages, des ponts aériens et des livraisons transfrontalières à des centaines de milliers de personnes assiégées dans les villes et les communautés à travers la Syrie.

En Jordanie et au Liban, les programmes du PAM financés par le Ministère allemand de la coopération économique et du développement ont aidé 35.000 réfugiés syriens et familles d’accueil vulnérables à améliorer les infrastructures agricoles, à transférer les compétences des réfugiés aux communautés d’accueil et à établir des cuisines saines pour les repas scolaires.

(Audio : mise en perspective par Jérôme Longué)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
20/10/2017
Loading the player ...