Ukraine : les civils continuent de souffrir du conflit dans l'Est du pays

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Un homme circule à vélo dans le village de Novosvetlovka, dans l'est de l'Ukraine (archives). Photo HCR/Petr Shelomovskiy

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a indiqué jeudi que les civils vivant dans les zones touchées par le conflit dans l'Est de l'Ukraine continuent de souffrir de l'instabilité et des violences incessantes entre les forces gouvernementales et les groupes armés. Les services du Haut-Commissaire Zeid ont ainsi appelé toutes les parties au conflit dans l'Est de l'Ukraine à accorder la priorité à la protection des civils et à bien appliquer les Accords de Minsk.

Le fait que les parties au conflit dans l'Est de l'Ukraine orientale n'ont pas mis en œuvre les Accords de Minsk a continué d'entraîner de nombreuses violations des droits de l'homme pour les civils, en particulier ceux qui vivent près de la «ligne de contact» entre les régions de Donetsk et de Louhansk. Cela se traduit par  la mort de 32 civils et 132 blessés entre le 16 août et le 15 novembre dernier. Cela porte le nombre total de morts (y compris les morts militaires) à 9.758 depuis que le conflit a éclaté à la mi-avril 2014.

« Il est profondément préoccupant que les forces gouvernementales et les groupes armés opérant dans les zones civiles ne prennent pas toutes les précautions possibles contre les effets des combats », fait remarquer le Bureau des droits de l'homme de l'ONU. Selon les services du Haut-Commissaire Zeid, cela a endommagé les écoles, les jardins d'enfants et les infrastructures médicales. Le rapport souligne d'ailleurs que les populations vivant près de la ligne de contact entre les zones contrôlées par le gouvernement et les localités sous contrôle des groupes armés dans les régions de Donetsk et Louhansk souffrent non seulement d'un manque de sécurité mais aussi de violations systématiques des droits de l'homme.

Par ailleurs, le rapport note que le nombre exact des personnes disparues pendant le conflit reste inconnu, alors que l'utilisation d'armes prohibées continue d'être documentée. « Des centaines de personnes sont portées disparues. Alors que certaines d'entre elles pourraient être mortes avec notamment des corps en attente de récupération ou d'identification, il se pourrait que certaines personnes considérées comme disparues par le gouvernement soient détenues au secret dans les territoires contrôlés par les groupes armés ou vice versa ».

Enfin, le rapport a appelé au « retrait des combattants étrangers, au retrait de toutes les armes lourdes et que les demandes d'amnistie ou de grâce se fassent selon la Loi et dans le respect des droits de l'homme».

(Audio : Alexandre Girard, Expert à la Section Europe du Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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