Traite des personnes : les enfants et les femmes, principales victimes

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Une jeune fille attend avec les officiers de la Brigade de la Police haïtienne pour la protection des mineurs (BPM) dans la ville d’Ouanaminthe, à la frontière nord-est avec la République Dominicaine. BPM est un partenaire de l’UNICEF dans la lutte contre la traite des enfants. (Crédit photo: UNICEF/Marco Dormino)

Les Nations Unies, à travers l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), publient ce mercredi leur rapport biennal sur la traite des êtres humains. Un rapport inquiétant qui montre que les enfants et les femmes sont les principales victimes de cette activité criminelle lucrative.

Selon l’ONUDC, la grande majorité des victimes de la traite des êtres humains, quelque 71% sont des femmes et des filles et 28% sont des enfants.

« La traite pour exploitation sexuelle et pour le travail forcé reste la forme la plus visible, mais les victimes sont également victimes de la traite pour être utilisées comme mendiants, pour des mariages forcés ou simulés, la fraude aux bénéfices la production pornographique», a déclaré Yury Fedotov, Directeur exécutif de l’UNODC, lors de la présentation du rapport à New York.

 

Le Rapport mondial de l’UNODC de 2016 désagrège les données fondées sur le sexe et révèle que les femmes et les filles sont généralement victimes de traite pour le mariage et l’esclavage sexuel. Toutefois, les hommes et les garçons sont victimes de la traite, notamment dans le secteur minier, en tant que porteurs, soldats et esclaves.

 

Dans le monde, 28% des victimes de la traite sont des enfants, mais les enfants représentent 62% en Afrique subsaharienne et 64% en Amérique centrale et dans les Caraïbes. Soixante-neuf pays ont détecté des victimes de la traite en provenance d’Afrique subsaharienne entre 2012 et 2014.

 

Lors de sa présentation, Yuri Fedotov a mis l’accent sur le lien entre les groupes armés et la traite des êtres humains, notant que les groupes armés se livrent souvent à des trafics sur leurs territoires d’exploitation, contraignent les femmes et les filles à se marier ou à l’esclavage sexuel et poussent les hommes et les garçons à agir comme travail forcé ou combattants.

Selon l’Article 3 du Protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, « l’expression “traite des personnes” désigne le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation. L’exploitation comprend, au minimum, l’exploitation de la prostitution d’autrui ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage, la servitude ou le prélèvement d’organes ».

La traite des personnes se distingue du trafic illicite de migrants, qui selon le Protocole qui lui est consacré, désigne le fait d’assurer, afin d’en tirer, directement ou indirectement, un avantage financier ou un autre avantage matériel, l’entrée illégale dans un État Partie d’une personne qui n’est ni un ressortissant ni un résident permanent de cet État ».

A la veille de la publication du rapport, le Conseil de sécurité a adopté, mardi, la résolution 2331 par laquelle les quinze ont condamné le fléau véritable menace pour la paix et la sécurité internationale et ont souligné les liens étroits entre ce fléau, les abus sexuels et le financement du terrorisme et de la criminalité transnationale organisée.

(Interview: Cecilia Manzotti, spécialiste du trafic illicite de migrants, UNODC; propos recueillis par Jérôme Longué)

LE DERNIER JOURNAL
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20/10/2017
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