Syrie : veto de la Russie et de la Chine à un cessez-le-feu à Alep

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Le Conseil de sécurité au moment du vote negative de la Russie, de la Chine et du Venezuela. Photo: ONU/Rick Bajornas

La Russie et la Chine ont rejeté, lundi, un projet de résolution du Conseil de sécurité qui aurait appelé toutes les parties au conflit syrien à mettre fin, 24 heures après l'adoption du texte, à toutes les attaques menées dans la ville d'Alep, « sans exception », et ce pour une période de 7 jours renouvelables.

Le texte a également été rejeté par le Venezuela, tandis que l'Angola s'est abstenu.

Intervenant avant mise aux voix du texte, le Représentant permanent de la Russie s'est notamment inquiété du fait qu'au lieu de prévoir le retrait des combattants de la ville d'Alep, le texte laissait dix jours aux parties à la cessation des hostilités, pour faire part de leur engagement à rester parties à la cessation des hostilités.

Vitaly Churkin a avancé qu'un tel délai permettrait au combattants de reconstituer leurs forces, ce qui ensuite aggraverait les souffrances des civils, une perspective, a-t-il insinué, que la Russie ne peut appuyer. Il a par ailleurs rappelé que son pays et les États-Unis travaillaient à un plan prévoyant notamment le retrait des combattants de la ville d'Alep, tel que préconisé par l'Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

La Représentante des États-Unis, Michele Sison, a dénoncé le cynisme des délégations russe, chinoise et vénézuélienne, et leur vote négatifs qui, a affirmé Michele Sison, résonnent comme des condamnations à mort des civils à Alep.

Expliquant la position de sa délégation, le Représentant de la Chine a estimé que l'action du Conseil en Syrie devait appuyer les initiatives diplomatiques à la fois de la Fédération de Russie et des États-Unis et a regretté toute politisation de l'aide humanitaire.

Une position également appuyée par la délégation vénézuélienne pour qui le texte ne reflétait pas correctement la situation à Alep, notamment en ce qui concerne la présence d'éléments terroristes dans l'est d'Alep.

Avant de poser son veto, le représentant de la Russie a par ailleurs dénoncé un manquement au règlement du Conseil de sécurité qui veut que 24 heures au moins soient consacrées à l'examen d'un texte avant sa mise aux voix.

Selon Vitaly Churkin, le projet de texte n'aurait été circulé que dans la matinée, des faits disputés par plusieurs délégations qui ont affirmé que le projet de résolution a été négocié pendant près d'un mois en tenant compte des suggestions de la délégation russe.

C'est la sixième fois en cinq ans, que la Russie met son veto à un texte relatif au conflit en Syrie.

(Mise en perspective : Isabelle Dupuis)

 

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18/10/2017
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