Syrie : le martyre des milliers d'enfants déplacés par les combats d'Alep

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Des femmes et des enfants syriens déplacés par les combats à Alep-Est pour se réfugier dans la zone industrielle d'Al-Mahalij (Photo : UNHCR).

L'intensification des combats à Alep a forcé près de 31.500 personnes à fuir leurs domiciles dans la partie orientale d'Alep depuis samedi. Le dernier bulletin du Bureau des Nations Unies de la Coordination des affaires humanitaires (OCHA) souligne que la plupart de ces civils ont fui vers les zones contrôlées par les forces gouvernementales à Alep-Ouest ou vers la petite enclave kurde de Cheikh Maqsoud. De son côté, l'UNICEF rappelle que la majorité des déplacés sont des enfants qui continuent de vivre un « enfer ».

 

Selon le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), près de 60% des 31.500 déplacés depuis samedi dernier sont des enfants, soit au moins 19.000 gamins déplacés par les récents combats. « On peut parler d'un enfer ou d'un cauchemar vivant pour ces enfants », concède le porte-parole de l'UNICEF, Christophe Boulierac.

Ces enfants comme les femmes se réfugient généralement dans un centre collectif et dans une usine de coton à Jibreen.  Le Bureau des Nations Unies de la Coordination des affaires humanitaires (OCHA) comptabilise à ce stade 18.000 déplacés dans la zone contrôlée par le gouvernement dans l'est de la ville; 8.500 dans des abris à Cheikh Maqsoud, une enclave kurde au nord de la partie orientale de la ville ; et plus de 5.000 personnes déplacées dans Alep même.

Des déplacés qui après réussi à s'extirper des violences doivent désormais entrevoir l'hiver avec beaucoup d'inquiétudes. De plus, les soins médicaux et l'eau potable ne sont souvent pas accessibles et trop nombreux sont les enfants à avoir vu la mort de leurs proches et la destruction de leurs maisons, écoles et hôpitaux. « Il faut garder en tête qu'un enfant de cinq ans à Alep n'a connu que la guerre », fait remarquer Christophe Boulierac, le porte-parole de l'UNICEF qui ajoute que ses collègues de terrain leur « font remonter des informations indiquant que ces enfants déplacés sont terrifiés ».

Par ailleurs, l'UNICEF note que les écoles ne sont plus fonctionnelles dans la partie orientale d'Alep depuis le 15 novembre dernier. « Toutes les écoles ont été fermées du fait des combats », souligne Christophe Boulierac. Et dans la partie ouest d'Alep, il y a des écoles ouvertes. « Cependant l'insécurité fait que beaucoup d'enfants ont peur d'y aller et beaucoup de parents ont aussi peur d'y envoyer leurs enfants », a indiqué le porte-parole dans cet entretien accordé à la Radio des Nations Unies. « Rappelons-nous que le 20 novembre dernier, un obus de mortier avait touché une école et avait tué huit enfants qui étaient en train de jouer dans la cour de l'établissement. Et c'est cette vie que les enfants d'Alep vivent au quotidien », fait-il remarquer.

Selon les estimations de l'UNICEF, quelque 6 millions d'enfants syriens ont besoin d'une assistance humanitaire, dont 2 millions se trouvent dans des zones d'accès difficile. Près d'un demi-million d'enfants vivent dans des zones assiégées sans aide humanitaire ni services de base depuis des mois. Alors que le conflit dure depuis plus de cinq ans, l'UNICEF a demandé une nouvelle fois à toutes les parties « de lever les sièges à travers la Syrie et de permettre et faciliter un accès humanitaire immédiat, inconditionnel et durable à toutes les régions du pays

(Extrait sonore : Christophe Boulierac, porte-parole de l'UNICEF à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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