Syrie : des milliers de civils empêchés de fuir Alep-Est, d'autres portés disparus à l'ouest

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Deux garçons dans un entrepôt à Jibreen, en Syrie, qui accueille des familles déplacées par les combats à l'est d'Alep. Photo UNICEF/Al-Issa

Les Nations Unies estiment à «  environ 100.000  » le nombre de civils se trouvant dans les quartiers d'Alep-Est qui sont encore contrôlés par les rebelles. Mais c'est surtout le règne de la terreur dans ces zones qui inquiète l'ONU. En effet, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme s'est préoccupé du sort de dizaines de milliers d'habitants bloqués dans Alep-Est, dont certains seraient empêchés de fuir par les rebelles et d'autres auraient disparu après avoir rejoint les zones contrôlées par le gouvernement.

 

Avec le conflit qui s'éternise en Syrie, des civils continuent de fuir les bombardements et de s'échapper de toutes ces localités où les scènes d'horreur rythment leur quotidien. Et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme a une nouvelle fois tiré la sonnette d'alarme sur la situation des millions de Syriens. Il s'est dit profondément préoccupé «par la sécurité des civils à Alep, notamment ceux qui sont encore dans les zones contrôlées par l'opposition comme ceux qui ont fui vers les zones contrôlées par le gouvernement».

Les services du Haut-Commissaire Zeid se sont d'abord inquiétés du sort «de centaines» d'hommes ayant fui Alep-Est et qui auraient disparu après avoir rejoint des zones contrôlées par le gouvernement syrien. « Bien qu'il soit difficile de vérifier les faits dans une situation changeante et dangereuse », ce sont des allégations très inquiétantes. Une façon de rappeler qu'en Syrie, il y a régulièrement des rapports dénonçant des détentions arbitraires, des disparitions forcées, des mauvais traitements et des cas de tortures, « surtout de la part des forces gouvernementales ».

D'autres rapports font état de « représailles » contre des civils soupçonnés d'avoir soutenu l'opposition. Le Haut-Commissariat note que les hommes seraient séparés des femmes et des enfants. « Des familles ont déclaré avoir perdu tout contact avec des hommes, âgés de 30 à 50 ans, après qu'ils eurent fui les zones contrôlées par l'opposition à Alep il y a une semaine ou dix jours ». Le Haut-Commissariat redoute aussi qu'environ 150 militants et activistes vivant dans les quartiers rebelles d'Alep « soient arrêtés par les forces gouvernementales s'ils tentaient de fuir ».

Par ailleurs, certains groupes armés de l'opposition sont accusés d'avoir empêché des habitants d'Alep-Est de s'enfuir vers les zones reconquises par les forces gouvernementales. Et des groupes rebelles n'hésitent pas parfois à faire usage de leurs armes. A cet égard, le Haut-Commissariat rappelle que certains civils qui tentent de s'enfuir sont apparemment bloqués par des groupes armés de l'opposition notamment le front Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra et Al-Qaïda en Syrie). « Au cours des deux dernières semaines, le front Fatah al-Cham et les Kataëb Abou Amara ont apparemment enlevé et tué un nombre inconnu de civils qui avaient demandé aux groupes armés de quitter leur quartier afin d'épargner la vie de la population », fait-on remarquer du côté des services du Haut-Commissaire Zeid.

Il faut juste rappeler que l'ONU estime qu'«environ 100.000 civils » se trouveraient dans les quartiers d'Alep-Est qui sont encore contrôlés par les rebelles.

(Extrait sonore : Matthias Behnke Coordinateur de l'Unité sur la Syrie au Haut-Commissariat aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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23/10/2017
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