Soudan du Sud : Ban Ki-moon réclame un embargo sur les armes

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Des soldats de plus en plus nombreux que les civils dans les rues de Damazin, dans l'Etat du Blue Nile, au Soudan du Sud (archive). Photo: IRIN/Maryline Dumas

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a une nouvelle fois réclamé lundi un embargo sur les armes concernant le Soudan du Sud, où une guerre civile fait rage depuis trois ans entre les partisans du Président Salva Kiir et ceux de son ancien Vice-Président Riek Machar.

« Des informations suggèrent que le Président Salva Kiir et ses partisans envisagent une nouvelle offensive militaire dans les prochains jours contre l’APLS- dans l’opposition », a dit M. Ban dans un discours devant les membres du Conseil. « En outre, il est clair que Riek Machar et d’autres groupes d’opposition se préparent à une escalade militaire ».

Selon le chef de l’ONU, « il est temps de faire de la population du Soudan du Sud, et non pas de ses dirigeants, la priorité de toute stratégie ».

Il a invité la communauté internationale à fournir l’aide et les incitations nécessaires, mais aussi à prendre des mesures contre ceux qui entravent le chemin vers la paix et la stabilité.

Dans ce contexte, Ban Ki-moon a réitéré son appel à un embargo sur les armes au Soudan du Sud. « Cet embargo réduirait la capacité de toutes les parties à faire la guerre », a-t-il plaidé.

Selon lui, « le plus urgent est d’empêcher les parties prenantes de lancer une opération militaire avec le début de la saison sèche ».

« J’exhorte le Conseil de sécurité, les dirigeants régionaux et la communauté internationale à faire comprendre au Président Kiir et à Riek Machar que le lancement d’une offensive militaire aura de graves conséquences », a dit M. Ban.

« Les parties prenantes doivent relancer un processus politique inclusif jugé crédible par le peuple du Soudan du Sud et la communauté internationale », a-t-il ajouté. « Un processus inclusif et crédible exige que toutes les parties au conflit aient un siège à la table des négociations avec la capacité de partager et d’exercer le pouvoir sans crainte de représailles ».

« Le peuple du Soudan du Sud a trop souffert depuis trop longtemps », a encore dit le chef de l’ONU. « Si nous n’agissons pas, le Soudan du Sud se dirigera vers des atrocités de masse ».

« Je lance un appel au Conseil de sécurité pour qu’il agisse, qu’il agisse maintenant, en assumant ses responsabilités et pour qu’il appuie les efforts régionaux actuels », a-t-il conclu.

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, Stephen O’Brien, a également réclamé des mesures décisives pour mettre fin à la violence au Soudan du Sud.

« Si une solution politique n’est pas trouvée d’urgence pour mettre fin à la violence, la crise humanitaire au Soudan du Sud va non seulement se développer, mais devenir incontrôlable. Il doit y avoir une cessation de la violence. Il n’y a pas d’autre alternative », a-t-il dit dans un discours devant les membres du Conseil.

« Deuxièmement, il faut faire pression collectivement pour faciliter l’accès sans entrave à tous ceux qui ont besoin d’aide dans toutes les régions du pays », a-t-il ajouté, en réclamant également un réel engagement à protéger les travailleurs humanitaires et à poursuivre ceux qui ont tué, attaqué et violé des travailleurs humanitaires.

« Enfin, je voudrais attirer votre attention, comme l’a fait tout à l’heure le Secrétaire général, sur le récent appel lancé par le Conseiller spécial pour la prévention du génocide sur le risque imminent de voir la violence s’intensifier sur le plan ethnique », a-t-il conclu.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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20/10/2017
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