Rétro santé 2016 : l'OMS célèbre des succès tangibles, malgré l'ampleur des défis mondiaux

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Crédit photo : OMS / Christopher Black

Comme le faisait remarquer dans une déclaration récente, la Directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Docteur Margaret Chan, l'année 2016 s'achève dans un climat d'incertitude général marqué par la déstabilisation de l’ordre politique mondial, la souffrance humaine apparemment illimitée vécue par les civils et le personnel de santé dans les zones de guerre et l’échec continu des antibiotiques longtemps synonymes de guérison médicale.

Ainsi, au cours de l'année écoulée, l'OMS a alerté le monde sur des tendances alarmantes: la pénurie de vaccins en Afrique, les préjudices causés à la santé des jeunes par le sexe et les inégalités sociales, l’augmentation des décès en Europe liée à la consommation d’alcool et les conséquences sanitaires massives de l’air pollué.

En 2016, l'épidémie d’Ebola a été annulée qui frappait essentiellement trois pays d'Afrique de l'Ouest, à savoir la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone a été éradiquée.

Dans le même temps, le virus Zika a été désigné comme une urgence de santé publique de portée internationale, faite pour durer.

Le succès du contrôle des poussées de fièvre jaune en Afrique urbaine a mis à l’épreuve – et a confirmé – les capacités opérationnelles accrues de l’OMS dans le cadre du nouveau programme d’urgence sanitaire.

Dans le cadre de ce rôle opérationnel, l’OMS a répondu auprès de la communauté internationale à de nombreuses situations d’urgence causées par des catastrophes naturelles, des conflits armés au Moyen-Orient, notamment en Syrie, en Iraq, mais aussi au Yémen. L'agence onusienne a aussi dû faire face aux vastes crises humanitaires au Sud-Soudan et au Nigéria. Les besoins en ressources de la communauté internationale, en particulier dans les pays, ont été énormes.

Du côté positif, l’année a été particulièrement bonne pour la lutte antitabac, avec un plus grand nombre de pays adoptant des lois obligatoires, et alors que l'Uruguay a remporté une victoire judiciaire contre la plus grande société de tabac au monde.

Les progrès en matière de lutte contre sida, la tuberculose et le paludisme ont fait les manchettes, tout comme les résultats de la Réunion de haut niveau de l’ONU sur la résistance aux antimicrobiens. Le soutien à la couverture universelle de la santé se renforce.

Par ailleurs, l'OMS a publié des arguments économiques pour investir dans la santé mentale et la main-d’œuvre de la santé. L'Organisation a été témoin d’engagements marquants lors de la 9ème Conférence mondiale sur la promotion de la santé et a exhorté les pays à taxer les boissons sucrées.

Au titre du recul des maladies infectieuses, il convient de noter que de plus en plus de pays éliminent la filariose lymphatique, le trachome aveuglant, la leishmaniose viscérale, la schistosomiase et d’autres maladies tropicales négligées et la transmission mère-enfant du VIH et de la syphilis.

En 2016, la Région des Amériques a été déclarée indemne de rougeole, l’Europe a été déclarée indemne de paludisme et la région de l’Asie du Sud-Est est venue à bout du tétanos maternel et néonatal.

(Interview : Fadela Chaib, porte-parole de l'OMS; propos recueillis par Jérôme Longué)

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20/10/2017
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