RDC: au moins 40 morts dans plusieurs villes lors de manifestations contre le président Kabila

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Des manifestants en septembre 2016 à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo. Photo d’archives: Habibou Bangre/IRIN

Depuis mardi, dernier jour du deuxième mandat de Joseph Kabila, la capitale congolaise Kinshasa et la ville de Lubumbashi sont le théâtre d'affrontements meurtriers. Les Nations Unies estiment qu'au moins 40 personnes ont été tuées et 460 autres arrêtées. C'est dans ce contexte que l'ONU exprime sa vive préoccupation face à la situation en RDC.

 

Au moins 40 personnes ont été tuées et 460 autres arrêtées en République démocratique du Congo (RDC) cette semaine alors qu'elles protestaient contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila. Les services du Haut-Commissaire Zeid ont documenté cette quarantaine de meurtres de civils à Kinshasa, Lubumbashi, Boma et Matadi. Il s'agit principalement des personnes protestant contre le refus du président Joseph Kabila de démissionner à la fin de son mandat officiel le 19 décembre.

Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme fait également état d'une centaine de blessés lors de ces manifestations, mais aussi le meurtre de deux policiers tués par des manifestants dans la capitale congolaise. C'est aussi à Kinshasa où le 20 décembre notamment, 13 civils ont été tués aussi par des membres des forces de défense et de sécurité. Le même jour à Lubumbashi, au moins 8 hommes et 2 enfants ont été tués et au moins 60 personnes ont été blessées par les forces de sécurité.

« Ces chiffres élevés révèlent que les diverses forces de police, de défense et de sécurité ne tiennent pas suffisamment compte de la nécessité d'exercer une certaine retenue lors des manifestations », fait remarquer le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, cité dans le communiqué. Une façon de dénoncer le manque de « retenue dans le cadre des opérations de maintien de l'ordre lors de manifestations.  « Non seulement les soldats participent aux des opérations de maintien de l'ordre mais toutes les forces impliquées sont fortement armées et utilisent des munitions réelles », s'insurge le Haut-Commissaire Zeid.

Par ailleurs, le Chef des droits de l'homme de l'ONU a rappelé que des violences ont été signalées dans plusieurs régions, ce qui lui fait craindre « que la crise politique entraîne une déstabilisation plus large » du pays. « La répression violente des voix dissidentes et une réaction irresponsable face aux manifestations risquent d'attiser la violence chez les manifestants » et peut-être même transformer la nature de cette « crise » sur l'avenir du président en un « conflit » plus généralisé « à travers le pays », a souligné M. Zeid.

Dans ces conditions, il juge essentiel de lutter contre l'impunité et traduire en justice tous les auteurs d'abus. Sur ce dossier de la reddition des comptes, il a d'ailleurs déploré le fait que personne n'avait été jugé après le décès de 54 personnes, tuées à Kinshasa en septembre dernier, « lorsque les forces de sécurité et de défense avaient fait un usage excessif de la force contre les manifestants ».

(Correspondance d'Alpha Diallo, Nations Unies/Genève)

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14/12/2017
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