ONU : le Vice-secrétaire général sortant exhorte les dirigeants mondiaux à cesser de diviser l’humanité

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Avant de quitter son poste, le Vice-secrétaire général de l'ONU,  Jan Eliasson, a accordé un dernier entretien à ONU Info.                     (Photo: ONU/Runa A)

Alors qu’il s’apprête à quitter son poste de Vice-secrétaire général de l’ONU, Jan Eliasson a appelé les dirigeants du monde à lutter contre la xénophobie et à cesser de diviser l’humanité entre « nous » et « eux ».

« Je suis très inquiet de cette tendance qui consiste à s’identifier en opposition aux autres, plutôt qu’avec les autres », a déclaré M. Eliasson dans un entretien à ONU Info.

Pour le diplomate suédois chevronné qui occupe les fonctions de chef adjoint des Nations Unies depuis juillet 2012, ce type d’attitude « alimente la polarisation et la division », rendant les individus plus enclins et réceptifs à « l’incitation à la peur et même à la propagation de la haine ».

« Le mot le plus important dans le monde d’aujourd’hui est, en fait, ‘ensemble’, a dit le Vice-secrétaire général. « C’est le message le plus fondamental qui se traduit par la manière dont nous traiterons à l’avenir les migrations et les réfugiés, la façon dont nous traiterons le développement, la façon dont nous traiterons les causes profondes pour mettre fin aux conflits plus tôt », a-t-il ajouté.

M. Eliasson a souligné que ce qu’il savait en commençant son service en tant qu’adjoint du Secrétaire général Ban Ki-moon est toujours vrai aujourd’hui: les problèmes doivent être réglés dès le début. Au lieu de s’intéresser à une blessure seulement quand elle est infectée, le monde a besoin d’une « culture de la prévention », où les gens apprécient la pensée et la stratégie à long terme, a-t-il dit.

Celui qui fut le premier Secrétaire général adjoint pour les affaires humanitaires a expliqué que la communauté internationale s’efforce d’obtenir environ 22 milliards de dollars pour répondre aux besoins humanitaires dans le monde aujourd’hui et qu’elle paie 8,5 milliards de dollars pour le maintien de la paix. « Autrement dit, près de 30 milliards de dollars sont dépensés pour faire face aux symptômes … alors que nous consacrons peut-être quelques centaines de millions de dollars à la prévention », a-t-il fait remarquer.

« A ce stade, lorsque tant de conflits font irruption dans le monde ou que les pays implosent, nous devons vraiment écouter les premiers signes, les premières vibrations sur le terrain – et les violations des droits de l’homme sont de tels signes avant-coureurs », a dit M. Eliasson, soulignant que l’ONU dispose désormais du mécanisme ‘les Droits de l’homme, avant tout’ qui place les droits de l’homme au même niveau que la paix, la sécurité et le développement, tant au niveau de la pratique que de la théorie.

« Nous allons maintenant systématiquement au Conseil de sécurité pour donner des alertes précoces sur des situations qui pourraient se transformer en situations d’atrocités de masse. C’est, pour moi, un grand pas en avant pour l’ONU », a-t-il déclaré.

 

 

(Extrait sonore: Jan Eliasson, Vice-secrétaire général des Nations Unies; propos recueillis par Ari Gaitanis)

 

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16/10/2017
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