OIM/Migration : une moyenne de 20 décès par jour dans le monde en 2016

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En marge de la Journée internationale des migrants prévue ce dimanche 18 décembre, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a publié un nouveau rapport sur les flux migratoires. Le document montre que plus de 7 189 migrants et réfugiés sont morts ou sont portés disparus sur les routes migratoires mondiales. Il s'agit du nombre annuel le plus élevé jamais enregistré par l'OIM. Cela représente une moyenne de 20 décès par jour, ce qui suggère que des décès supplémentaires de 200 à 300 hommes, femmes et enfants pourraient être enregistrés dans le monde d'ici à la fin de l'année.

C'est un nouveau record dont pourraient se passer les organismes humanitaires. Selon l'Organisation internationale pour les migrations, le nombre de victimes parmi les migrants dans le monde enregistrera un nouveau record en 2016. Plus de 7 180 personnes sont décédées, dont plus de la moitié dans la périlleuse Méditerranée. Pour mieux mettre en perspective ces dramatiques données, l'OIM précise que c'est l'équivalent de 20 migrants morts par jour.

Des chiffres qui pourraient s'avérer beaucoup plus importants dans la mesure où de nombreux décès « ne sont pas enregistrés par un gouvernement ou une agence d'aide humanitaire », insiste d'ailleurs William Lacy Swing, le Directeur général de l'OIM.

Comme pour traduire cette inquiétude, cette institution basée à Genève a d'ailleurs reçu depuis jeudi des indications sur plus de 80 possibles victimes au large de la Libye.

Finalement, ces tragédies touchent toutes les voies migratoires, avec des augmentations observées en Amérique centrale et à la frontière entre le Mexique et les États-Unis et surtout en Méditerranée.

A titre de comparaison sur les 5 800 décès observés en 2015, plus de 3 500 provenaient de la Méditerranée pour plus de 880.000 arrivées de migrants dans cette région. Alors que cette année, l'OIM enregistre déjà plus de 4 800 morts pour moins de 358 000 arrivées de migrants en Europe.

Une enquête de l'OIM publiée en marge de la Journée internationale des migrants célébrée le 18 décembre montre que plus de 700 migrants d'Érythrée, d'Ethiopie, de Djibouti et de Somalie sont morts dans leur quête d'une vie meilleure. Ces décès sont dus à des accidents de véhicules, à des attaques violentes et à d'autres dommages associés à un manque d'accès à l'eau, aux médicaments durant le périple des migrants et des réfugiés originaires de la Corne de l'Afrique. La majorité de ces décès sont survenus au Soudan, en Égypte et en Libye. « Il est probable que beaucoup d'autres décès ne soient pas enregistrés par un gouvernement officiel ou une agence d'aide humanitaire », souligne l'OIM.

En conclusion, l'Agence basée à Genève note qu'à la date du mercredi 14 décembre 2016, 357 249 migrants et réfugiés sont entrés cette année en Europe par la mer, principalement en Grèce et en Italie, une baisse comparée aux  883.393 arrivées en novembre 2015. Quelque 178.802 personnes sont arrivées par la mer en Italie en 2016, plus qu'en 2014 ou 2015. Quelque 172 813  migrants et réfugiés sont arrivés par la mer en Grèce pendant la même période, beaucoup moins qu'en 2015.

(Correspondance d'Alpha Diallo, Nations Unies/Genève)

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08/12/2017
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