Namibie : le Comité contre la torture regrette l'impunité des auteurs des événements de Caprivi en 1999

Écouter /

Une image par satellite de la Namibie lors des inondations de mars 2009 (photo: UNOSAT).

Le Comité contre la torture a clos, hier mercredi à Genève, les travaux de sa cinquante-neuvième session, en adoptant ses observations finales sur le rapport de la Namibie. Un second rapport périodique soumis avec seize ans de retard. Et dans ces recommandations, les experts onusiens se sont préoccupés de l'impunité des actes de torture. Le Comité faisait ainsi référence aux événements survenus dans la bande de Caprivi en 1999.

 

Si le Comité contre la torture a regretté que ce second rapport périodique ait été soumis avec seize ans de retard, il a en revanche salué la ratification prochaine par la Namibie du Protocole facultatif à la Convention et l'engagement affiché par Windhoek de rester partie à la Cour pénale internationale (CPI).

Par contre, les experts onusiens se sont préoccupés de certains rapports de la société civile qui font état d'une pratique systématique de la torture, mais aussi des cas de violation du principe de non-refoulement avec des cas de refoulement d'étrangers vers des pays voisins qui connaissaient au moment des faits des violations massives des droits de l'homme. Sur ce dossier des requérants d'asile, la délégation de Windhoek avait rappelé lors de l'examen du rapport le 18 novembre dernier qu'il y avait 4505 réfugiés en Namibie. La délégation namibienne a indiqué que son pays recevait quinze réfugiés par semaine en provenance de la République démocratique du Congo.  Le nombre total de réfugiés provenant de ce dernier pays s'établit à 2525.

Le rapport du Comité est également revenu sur les événements survenus dans la bande de Caprivi en 1999. A cet égard, le Rapporteur du Comité pour l'examen du rapport de la Namibie a surtout regretté que la déclaration du Directeur de la police nationale ne se soit pas suivie d'effets dans la mesure où les « actes de torture sont imprescriptibles ». « En mai 2015, la plus haute autorité de la police a reconnu en mai 2015 que les séparatistes ont subi des actes de la torture et pourtant il n'y a eu aucune action en justice contre les auteurs de ces actes », regrette Abdelwahab Hani. Il faut juste rappeler que lors de l'examen du rapport, la délégation namibienne avait aussi admis que des représailles avaient eu lieu. Il s'agissait d'une situation de guerre, a-t-elle insisté.  Elle a reconnu que des actes de torture avaient été perpétrés à cette occasion par les forces de l'ordre. Quelque 77 victimes ont reçu des indemnisations, a-t-elle fait valoir, précisant que l'État avait pris en charge les frais d'avocat de ces victimes.

Il faut juste rappeler qu'à la suite d'une attaque armée menée le 2 août 1999 contre les forces et les bâtiments du gouvernement par la Caprivi Liberation Army (CLA, Armée de libération de Caprivi), groupe sécessionniste, dans la région de Caprivi, dans le nord-est de la Namibie, le gouvernement namibien avait décrété l'état d'urgence et placé en détention des dizaines de personnes soupçonnées d'avoir pris part à ce soulèvement, soutenu les sécessionnistes ou de les avoir aidés à planifier ou lancer les attaques.

Par ailleurs, le Comité s'est montré très préoccupé par le taux élevé de prévalence du VIH/sida parmi les détenus.  Les experts ont également dénoncé les actes de discrimination à l'encontre des personnes LGBTI, déplorant notamment la pénalisation des relations sexuelles entre personnes du même sexe, les agressions physiques de femmes transgenres et autres actes d'humiliation publique à l'encontre de ces personnes.

Il faut juste souligner que durant l'examen du rapport de la Namibie, il a question des cas de disparitions parmi les membres de l'Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (SWAPO) ; des fosses communes découvertes dans les années 90 ; de la politique de réconciliation nationale ; des événements survenus dans la bande de Caprivi en 1999 ; de la position de la Namibie vis-à-vis de la Cour pénale internationale ; et de la situation des réfugiés.

(Extrait sonore : Abdelwahab Hani, membre du Comité contre la torture et rapporteur pour l'examen du rapport de la Namibie ; Propos recueillis par Alpha Diallo)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
12/12/2017
Loading the player ...