Devant le Conseil de sécurité, Jan Eliasson s’inquiète de l’accès d’acteurs non-étatiques aux armes de destruction massive

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Jan Eliasson, Vice-Secrétaire général de l’ONU, lors de sa dernière intervention devant le Conseil de sécurité. Photo: ONU/Manuel Elias

Le Conseil de sécurité a adopté par consensus ce jeudi la résolution 2325 relative à l'acquisition d'armes de destruction massive par des acteurs non–étatiques.

Par ce texte, les Quinze engagent notamment les États à prendre en compte l'évolution des risques de proliférations et les avancées rapide de la science et de la technologie. Ils appellent aussi à accorder plus d'attention aux menaces posées par les armes biologiques, chimiques et nucléaires, ainsi qu'au financement de la prolifération.

Dans ce qui était sa dernière intervention devant les Quinze, le Vice-Secrétaire général de l'ONU a souligné de son côté que le moyen le plus sûr d'empêcher des terroristes d'acquérir des armes de destruction massive est d'éliminer ces engins une fois pour toute. Pourtant, s'est-il inquiété, ces armes sont de plus en plus accessibles.

Jan Eliasson a indiqué qu'il existe des préoccupations légitimes concernant la sécurité d'importants stocks de matières fissiles de qualité militaire qui demeure en dehors de la réglementation internationale.

Jan Eliasson a aussi signalé que les avancées technologique font tomber les barrières de la production d'armes biologiques, et des technologies émergeantes, comme l'imprimerie en trois dimensions et les drones ne font d'augmenter les menaces d'une attaque utilisant des armes de destruction massive.

Le Vice-Secrétaire général a aussi appelé à porter davantage d'attention aux liens croissants entre les armes de destruction massive, le terrorisme et la cybersécurité.

« Le scénario cauchemardesque du piratage d'une centrale nucléaire qui libérerait une quantité incontrôlée de rayons ionisants se fait de plus en plus présent », a-t-il averti.

Face à ce « tissus complexe de risques et de menaces », Jan Eliasson a engagé la communauté internationale à adopter une réponse globale sophistiquée, car il ne suffit pas, a-t-il affirmé de tout simplement empêcher que ces armes ne tombent dans de mauvaises mains.

« Il n'y a pas de bonnes mains pour de mauvaises armes, et les armes de destruction massive sont tout simplement mauvaises », a lancé Jan Eliasson.

A noter qu'au préalable, le Conseil de sécurité a rendu un hommage appuyé au Vice-Secrétaire général qui rentrera en Suède à la fin du mois. Jan Eliasson avait débuté sa carrière à l'ONU en 1980 en travaillant notamment dans l'équipe de médiation du conflit entre l'Iran et l'Iraq. Il a aussi occupé plusieurs postes au sein du Gouvernement suédois, notamment en tant que Ministre des affaires étrangères, et a par ailleurs été le premier Sous-secrétaire général aux affaires humanitaires de l'ONU.

(Extrait sonore : Jan Eliasson, Vice-Secrétaire général de l'ONU)

 

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11/12/2017
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