2016 : année dure pour les civils et les enfants affectés par les conflits armés

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Esraa et son frère Waleed assis sur les ruines dans une rue d’Alep en Syrie. (Photo: Unicef/2016/Al-Issa)

2016 a été une année difficile pour toutes les personnes affectées par les conflits, dont notamment les civils et les enfants, a déclaré la Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armes, Leila Zerrougui, lors d'un entretien de fin d'année.

Les conflits majeurs existants tels en Syrie, en Iraq, au Yémen, au Soudan du Sud, dans le nord du Nigeria, ont connu une intensification qui ont forcé des populations à fuir, explique la Représentante.

Près que 30 millions d'enfants sont aujourd'hui en déplacement dans leurs pays où à l'extérieur suite aux conflits alors que plus de 250 millions habitent dans des pays frappés par les conflits.

« Chaque jour je me lève et c'est 19 enfants qui ont été tués dans un bombardement dans une école, c'est des enfants exécutés parce qu'on les accuses de faire de l'espionnage pour une armée, d'un autre côté on apprend qu'une armée utilise des enfants pour espionner sur des groupes armés ou des voisins, des enfants qui ont été condamnés à mort » a donné en exemple Leila Zerrougui.

La Représentante est revenue sur les diverses actions qu'elle a mené en faveur des ces enfants, tels le plaidoyer qu'elle vient de mener pour enfants détenus dans le Puntland en Somalie après avoir été recrutés de force par un groupe armé alors qu'ils marchaient dans la rue.

Un garçon tient un gros morceau de la coque d’artillerie explosée, qui a atterri près de chez lui dans le village de Al Mahjar, une banlieue de Sanaa, la capitale. © UNICEF/UNI184988/Hamoud

Aussi la complexité des conflits aujourd'hui, où l'on trouve des dizaines d'intervenants ou des acteurs de 81 nationalités à la fois, rend le rôle des Nations Unies plus difficile à jouer, que ce soit sur le plan de la médiation, du rappel aux parties de leurs obligations ou de la mise en exergue des risques de ne pas le faire, a expliqué la Représentante.

« Aujourd'hui on parle sans arrêt des violations extrêmement graves du droit international humanitaire et il n'y a pas de conséquences parce que le Conseil de sécurité est divisé et parce que chacun se sent fort et appuyé », a constaté Leila Zerrougui.

« On doit plaider la cause des sans voix, la cause des enfants » a-t-elle affirmé.

Néanmoins pour la haut fonctionnaire de l'Organisation souligne qu'il est important de ne pas perdre de vue les réalisations et le peu d'espoir qui peut être ramené dans une zone, citant notamment la composante concernant les enfants dans le processus de paix Colombien, la libération d'enfants recrutés au Soudan du Sud, la libération d'écoles, en exemple.

Pour 2017, la Représentante a espéré que l'on comprenne mieux que malgré les différends la guerre n'apporte pas de solution et qu'au contraire elle creuse la division et la haine, et qu'il vaut mieux trouver des solutions politiques négociées.

« J 'espère que l'on aura de bons dirigeants, j'espère que l'on arrivera à régler quelques conflits en 2017 », a conclu la Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armes.

(Interview : Leila Zerrougui, Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armes ; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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15/12/2017
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