Violence contre les femmes: des engagements financiers solides sont essentiels pour éliminer la pandémie

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Le Secrétaire général, Ban Ki-moon (à gauche) lors d’un événement spécial intitulé «Orangez le monde: recueillir des fonds pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes», avec Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exécutive d'ONU Femmes. (Crédit: Photo ONU / Eskinder Debebe)

Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon a donné, ce lundi 21 novembre, dans la matinée, au Siège de l'Organisation, le coup d'envoi d'une série d'évènements publics organisés par ONU Femmes dans le cadre de l'initiative « Orangez le monde » pour attirer l'attention et galvaniser l'action du monde entier en vue d'éliminer la violence à l'égard des femmes et des filles.

Ces évènements ont pour objectif de sensibiliser à cette pandémie qui touche une femme sur trois dans le monde. Depuis des manifestations en Ouganda, en Serbie et au Timor-Leste jusqu'à un rassemblement public à moto au Pakistan, les gens descendront dans les rues pour dire non à la violence.

Bien que la pandémie de violence à l'égard des femmes soit de plus en plus reconnue comme une violation grave des droits humains et un obstacle majeur au développement, les efforts concrets mis en œuvre pour prévenir et éliminer la violence à l'égard des femmes et des filles demeurent une priorité secondaire des programmes de développement international et ne bénéficient pas des fonds adéquats. La réalisation des cibles ambitieuses fixées par les Objectifs de développement durable d'ici à 2030 – qui mettent l'accent sur leur objectif principal qu'est l'élimination de la violence à l'égard des femmes et des filles – exige des solutions novatrices et la création de nouveaux partenariats pour lever des fonds auprès de toutes les sources de financement disponibles – y compris les gouvernements nationaux, les agences de développement international, le secteur privé, les organisations philanthropiques et les individus.

Cette année, l'initiative « Orangez le monde », qui exhorte les gouvernements et les acteurs internationaux à soutenir les engagements internationaux convenus, mettra l'accent sur la nécessité de lever des fonds pour éliminer la violence à l'égard des femmes et des filles. Des activités seront organisées lors des 16 jours d'activisme contre la violence sexiste menés par la société civile, qui se dérouleront du 25 novembre 2016, date de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, au 10 décembre 2016, date de la Journée des droits de l'homme.

« Les femmes et les filles victimes de violence perdent leur dignité et vivent dans la peur et la douleur. Dans les cas extrêmes, elles y laissent leur vie. Et pourtant, dans de nombreux pays, les lois sont toujours inadaptées, les forces de police sont passives et les abris, les soins de santé et le soutien psychologique ne sont pas disponibles. La justice pénale est inaccessible, onéreuse et montre un parti pris pour les agresseurs au détriment des femmes », a souligné Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exécutive d'ONU Femmes. Et d'ajouter : « Changer ces éléments a un coût, cependant, le refus du changement a un prix qui est inacceptable. Nous savons que même de modestes investissements, bien ciblés et réalisés au bon moment, peuvent bénéficier énormément aux femmes, aux filles et à toute leur communauté ».

En 2012, parmi toutes les femmes victimes d'homicide dans le monde, près de la moitié ont été tuées par leur partenaire intime ou par un membre de leur famille. La violence à l'égard des femmes et des filles a non seulement des conséquences négatives sur celles qui en sont victimes, mais aussi sur leur famille, leur communauté et la société en général. Il a été démontré que la violence à l'égard des femmes et des filles encourt un coût considérable à bien des égards et qu'elle compromet sérieusement le bien-être économique des ménages, à la fois à court et à long terme.

Selon une étude récente, le coût lié à la violence au sein du couple pour l'année 2013 pourrait représenter jusqu'à 5,2 % de l'économie mondiale. Il a été également démontré que même de modestes investissements, bien ciblés et réalisés au bon moment, peuvent bénéficier énormément aux femmes, aux filles et à leur communauté en général. Une étude récente menée dans plusieurs pays d'Asie du Sud-Est a révélé que le coût nécessaire à la distribution (sur trois exercices fiscaux) d'un ensemble minimal de services essentiels aux femmes et aux filles victimes de violence représentait 0,31 % du PIB (en 2015) du Timor-Leste et 0,25 % du PIB (en 2015) de la République démocratique populaire lao – une fraction du coût des conséquences de la violence.

Les Nations Unies commémorent durant cette quinzaine la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes avec un évènement organisé par le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, qui s'est fait le champion, aux plus hauts niveaux, des initiatives en faveur des femmes et des filles, notamment à travers sa campagne « Tous UNiS pour mettre fin à la violence à l'égard des femmes ».

Lors d'un gala de collecte de fonds organisé conjointement par la Directrice exécutive d'ONU Femmes et l'actrice primée aux Oscars et ambassadrice de bonne volonté, Mme Nicole Kidman, le Fonds d'affectation spéciale des Nations Unies pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes a célébré 20 ans de subventions distribuées autour du monde pour soutenir des projets clés.

L'illumination en orange – la couleur choisie pour symboliser un avenir prometteur, optimiste et sans violence – de grands monuments figurera parmi les évènements internationaux qui marqueront ces 16 jours d'activisme. Depuis l'hôtel de ville et la résidence officielle Gracie Mansion du maire de New York jusqu'au siège de la Commission européenne en Belgique, en passant par le bâtiment administratif du canal de Panama, le palais présidentiel équatorien, le parlement ougandais, ainsi que sept municipalités en Italie, dont Trieste, Pise, Venise et Naples, et plus de 30 bâtiments et monuments à Istanbul, le monde s'illuminera en orange. En République dominicaine, au Cambodge et au Kazakhstan, un vaste éventail d'activités seront menées en soutien aux efforts de sensibilisation, depuis des rassemblements publics jusqu'à des initiatives artistiques, y compris une nouvelle chanson sur le thème en question signé Zap Tharwat, le célèbre rappeur égyptien. D'autres artistes, dont des dessinateurs de BD et des auteurs de courts-métrages, participeront à l'évènement, et des expositions de photographies et d'œuvres d'art ainsi que des concours seront organisés. Aujourd'hui à New York, ONU Femmes reconnaîtra Mme Chirlane McCray, Première dame de New York, et M. James O'Neill, commissaire de police de la ville, pour l'engagement de la ville à prévenir la violence conjugale. En outre, des conducteurs de bus au Paraguay et des routiers au Brésil participeront également à des activités de sensibilisation.

Au cours de ces 16 jours d'activisme, la directrice exécutive d'ONU Femmes, Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka, se rendra au Liberia en Malaisie, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Inde, où elle soulignera le besoin urgent d'engagements financiers et d'actions solides et présentera des initiatives novatrices visant à mettre un terme à la pandémie de violence à l'égard des femmes et des filles. Le stade de football national de Papouasie-Nouvelle-Guinée sera « orangé » lors de la finale de la Coupe du Monde Féminine U-20 de la FIFA.

Les initiatives visant à éliminer la violence à l'égard des femmes ont un besoin urgent de ressources. Pour faire un don, veuillez accéder au site donate.unwomen.org.

Orangez votre image de profil pour montrer votre soutien et diffusez le message sur toutes les plateformes des médias sociaux, à l’aide des hashtags #orangetheworld et #16jours. Vous pouvez obtenir des graphies orange, des infographies et des exemples de messages ici.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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20/10/2017
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