Violence à l'égard des femmes : l'ONU réclame une prévention et une intervention dignes de ce nom

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“La violence à l'égard des femmes et des filles est une violation des droits humains” – Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU. Photo: Belinda Mason, Silent Tears

En cette Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est félicité vendredi de la prise de conscience du monde concernant ce fléau mais a estimé qu’il fallait faire bien davantage pour transformer cette prise de conscience en une prévention et en une intervention dignes de ce nom.

« La violence à l’égard des femmes et des filles impose des coûts exorbitants aux familles, aux communautés et aux économies. Lorsque les femmes ne peuvent pas travailler en raison de la violence, leur emploi peut s’en trouver menacé, les empêchant de se procurer des revenus qui leur font cruellement défaut, remettant en cause leur autonomie et nuisant à leur capacité de rompre des relations avec des partenaires violents », a noté M. Ban dans un message.

« La violence à l’égard des femmes entraîne également une perte de productivité chez les entreprises et grève les ressources des services sociaux, du système judiciaire et des organismes de soins de santé. La violence familiale et conjugale demeure très répandue, aggravée par l’impunité de ces crimes. Le résultat se traduit par des souffrances considérables ainsi que par l’exclusion des femmes, qui se voient ainsi privées de la possibilité de jouer pleinement le rôle qui leur revient de droit dans la société », a-t-il ajouté.

C’est en 1999 que l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 25 novembre Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, invitant les gouvernements, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales à organiser ce jour-là des activités conçues pour sensibiliser l’opinion au problème de la violence à l’égard des femmes.

Lundi 21 novembre, le Secrétaire général a participé à une cérémonie au siège des Nations Unies à New York pour célébrer cette journée.

Selon M. Ban, les efforts déployés pour résoudre cette violence, quoique riches en volonté politique, pâtissent d’un sous-financement chronique.

« J’invite les gouvernements à démontrer leur engagement en augmentant sensiblement leurs dépenses dans tous les domaines pertinents, y compris à l’appui des mouvements des femmes et des organisations de la société civile », a-t-il déclaré.

« J’encourage également les dirigeants du monde à contribuer à ONU-Femmes et au Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes. Nous attendons aussi du secteur privé, des organisations philanthropiques et des citoyens concernés qu’ils assument la part de responsabilité qui leur incombe », a-t-il ajouté.

Un appel à une mobilisation financière conséquente, repris par Lakshmi Puri, Directrice exécutive adjointe du programme ONU-Femmes. Au micro de la Radio des Nations Unies, elle a rappelé que le message de la campagne mondiale pour marquer les 16 jours d’action en vue de mettre fin à la violence contre les femmes consiste à dire qu'il importe de reconnaître le coût humain énorme de la violence, mais aussi le coût pour la société, mais aussi le coût pour l’économie et reconnaître que l’investissement ou l’engagement à investir dans la prévention, la protection, la poursuite des auteurs et l’accès à la justice pour les victimes et les survivants ainsi que dans l’accès universel à la fourniture de services essentiels représente le meilleur investissement.

«Donc, cette année, nous allons dire: mobilisez votre argent pour cette cause, » a-t-elle martelé.

(Extrait sonore : Lakshmi Puri, Directrice exécutive adjointe du programme ONU-Femmes; propos recueillis par Jocelyne Sambira)

 

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12/12/2017
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