Soudan: un groupe armé rebelle s'engage à ne plus enrôler d'enfants

Écouter /

De gauche à droite, Abdullah Fadil, Représentant de l'Unicef au Soudan ; Leila Zerrougui, Représentante spéciale de l'ONU pour les enfants et les conflits armés et le président du SPLM-N, Malik Aga lors de la signature du Plan d'action à Genève (Photo : ONU/V. Martin).

La Représentante spéciale du Secrétaire général de l'ONU pour les enfants dans les conflits armés a salué l'engagement d'un groupe armé rebelle soudanais à ne plus recruter d'enfants. Ce plan d'action pour protéger les enfants en période de conflit armé a été signé ce mercredi à Genève en présence de Leila Zerrougui et de Malik Agar, le Chef de la Branche Nord du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM-N). Après l'adoption de ce document, les Nations Unies s'attendent à ce que ce groupe rebelle mette fin au recrutement d'enfants-soldats dans les rangs du SPLM-N au Soudan.

 

C'est le résultat de quelques années de discussions entre les Nations Unies et ce groupe armé soudanais qui mène une rébellion contre Khartoum depuis plus de cinq ans. Le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N), par le biais de son chef Malik Agar, a signé ce mercredi à Genève le Plan d'action de l'ONU pour lutter contre le recrutement d'enfants soldats. La signature avec la branche nord de ce Mouvement (SPLM-N) s'est déroulée au Palais des Nations en présence de la Représentante spéciale de l'ONU pour les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui, du Représentant de l'Unicef au Soudan, Abdullah Fadil et du président du SPLM-N, Malik Agar.

Si Abdullah Fadil de l'UNICEF a salué un « jour important » et Leila Zerrougui a évoqué « la promesse d'une future meilleure protection des enfants », de son côté, le SPLM-N a promis de ne plus recruter d'enfants de moins de 18 ans au sein de ses troupes. Le SPLM-N s'est ainsi engagé notamment à libérer les enfants dans ses rangs, les remettre à l'UNICEF, à des ONG ou à d'autres acteurs mais également à faciliter leur réintégration. L'un de ses responsables doit collaborer avec l'ONU.

A ce stade, les Nations Unies n'ont pas une idée exacte sur le nombre d'enfants enrôlés. Mais dans son dernier rapport, couvrant 2015, Mme Zerrougui a fait état de seulement quelques dizaines de cas d'enfants recrutés de force ou utilisés par les forces armées et rebelles au Soudan. Pourtant ce décompte et la mise en œuvre de ce Plan d'action de Genève passent par un accès total des agences onusiennes dans les zones contrôlées par le SPLM-N.

A cet égard, le Représentant de l'UNICEF au Soudan, Abdullah Fadil s'est dit prêt à se rendre « dès que possible » dans les régions où se trouve le SPLM-N et où l'ONU fait face à des restrictions d'accès depuis cinq à six ans. Ce plein accès des équipes des Nations Unies aux régions concernées permettrait ainsi de dresser un véritable état des lieux et surtout de vérifier si des enfants étaient utilisés ou enrôlés par le SPLM-N. Ça sera aussi l'occasion pour les organismes humanitaires comme l'UNICEF de pouvoir apporter de l'aide humanitaire dans ces zones. Et cette agence onusienne pense déjà à une campagne de vaccination contre la polio.

En conclusion, Mme Zerrougui a indiqué que les Nations unies finalisaient un accord similaire avec trois autres groupes rebelles au Darfour – le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), l'Armée de libération du Soudan-Abdel Wahid Nour (SLA-AW) et le groupe Armée de libération du Soudan (ALS) du chef Minni Minnawi. Au total, onze gouvernements et treize acteurs non étatiques ont signé le Plan d'action dans le monde. Neuf ont été retirés de la liste de l'ONU.

(Extrait sonore : Leila Zerrougui, Représentante spéciale de l'ONU pour les enfants et les conflits armés ; propos recueillis par Alpha Diallo)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
19/10/2017
Loading the player ...