RCA/UNICEF: près d’un enfant sur cinq est réfugié ou déplacé

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Alison, 14 ans, lit un livre sous un abri de fortune sur le site du Grand Séminaire Saint Marc de Bimbo pour les personnes déplacées à Bangui, en République centrafricaine (Crédit photo:© UNICEF / UNI190222 / Bindra)

A l'avant-veille de la tenue à Bruxelles, de la Conférence des pays donateurs pour la République centrafricaine, les responsables de l’aide se réunissent à Bruxelles pour assurer la sécurité des enfants, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) rappelle que bien que la fragile reprise se poursuit dans le pays plus de 850 000 personnes en RCA – dont la moitié sont des enfants – restent éloignées de leurs foyers, soit comme déplacés internes, soit comme réfugiés dans les pays voisins.

L’insécurité à la suite du conflit a empêché la plupart des 920 000 personnes déplacées au début de 2014 de rentrer chez elles. Aujourd’hui, 383 000 personnes restent déplacées à l’intérieur du pays tandis que 468 000 ont cherché refuge au Cameroun, au Tchad, en République démocratique du Congo (RDC) et dans la République du Congo – le Cameroun accueillant plus de la moitié de ces réfugiés.

«Lorsque les enfants retourneront dans leurs communautés à mesure que la sécurité s’améliorera, ils devront disposer d’écoles et de cliniques», a déclaré Christine Muhigana, Directrice adjointe de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. «L’accès à une santé et à une éducation de qualité est la pierre angulaire de tout rétablissement et la base d’un avenir pacifique».

La violence et les déplacements généralisés ont rendu les enfants particulièrement vulnérables aux risques liés à la santé, à l’exploitation et aux abus, laissant plus d’un tiers des enfants à l’école et 41% des enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition chronique. On estime que 6 000 à 10 000 enfants ont été recrutés dans des groupes armés depuis 2013.

“La situation du pays est meilleure maintenant”, a déclaré Christine Muhigana. “Mais c’est encore l’un des pays les plus dangereux pour les enfants, et la violence renouvelée menace de saper les signes de progrès.”

Plus récemment, les flambées de violence ont poussé plusieurs organisations non gouvernementales à réduire sensiblement leurs interventions dans certaines régions du pays, ce qui a ralenti les progrès du plan de relance national. Une attaque contre le camp de Kaga Bandoro abritant des personnes déplacées le mois dernier a fait 37 morts parmi les civils, y compris des éducateurs participant à un programme soutenu par l’UNICEF.

Les responsables de l’aide se réunissent à Bruxelles le 17 novembre pour faire rapport sur les progrès de la reprise et rechercher des financements pour poursuivre leurs programmes. Les dirigeants de la République centrafricaine préconiseront l’octroi d’un don d’un montant de 3 milliards de dollars par les bailleurs de fonds mondiaux, dont l’Union européenne, la Banque mondiale et les Nations Unies.

L’UNICEF, en collaboration avec le gouvernement et ses partenaires, renforce le système éducatif en formant plus de 1 300 enseignants et en construisant ou réparant 172 écoles en 2016 avec le financement de l’Union européenne et du Partenariat mondial pour l’éducation. Les projets existants devraient s’étendre afin de renforcer les soins de santé primaires, d’améliorer l’accès à l’eau potable et d’offrir un soutien psychosocial aux enfants victimes de violence.

Les efforts pour atteindre chaque enfant en République centrafricaine sont limités par des restrictions de financement importantes. Sur les 55,6 millions de dollars requis en 2016 pour fournir des services de base aux enfants dans le pays, seuls 20,4 millions de dollars ont été reçus, laissant beaucoup de projets sous-financés et moins efficaces.

(Extrait sonore: Christophe Boulierac, porte-parole de l'UNICEF; propos recueillis par Jérôme Longué)

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19/10/2017
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