Parfait Onanga-Anyanga, Chef de la Mission de l'ONU en RCA : « C'est le moment de s'engager pour la Centrafrique »

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Parfait Onanga-Anyanga, nouveau Représentant spécial par intérim du Secrétaire général pour la République centrafricaine. Photo ONU/Loey Felipe (archives)

Après Paris et Amsterdam, le Chef de la Mission des Nations Unies en Centrafrique est ce vendredi à Genève pour rencontrer les Chefs d'agences des Nations Unies et les membres du corps diplomatique. Objectif pour Parfait Onanga-Anyanga, continuer son plaidoyer en faveur de la Centrafrique, avec comme point d'orgue, la conférence des donateurs prévue jeudi prochain à Bruxelles.  A en croire le Représentant de l'ONU à Bangui, « c'est le moment de s'engager pour la RCA » pour consolider la paix dans ce pays et tout faire pour éviter de retomber dans un nouveau cycle de violence.

 

Cette campagne de sensibilisation a commencé au début de la semaine dans la capitale française et Amsterdam avant de se poursuivre ce vendredi sur les bords du Lac Léman. Au cœur de la Genève internationale, Parfait Onanga-Anyanga dit avoir un message « très simple » à passer à la communauté internationale. Le même message qu'il délivrera ensuite lors de son passage à Londres et au moment de la Conférence des donateurs à Bruxelles le 17 novembre prochain.  « Le message est très simple. Nous disons aux partenaires internationaux que la Centrafrique a fait énormément de progrès. Une transition a pris fin, des élections ont été organisées, il y a un retour effectif à l'ordre constitutionnel, avec un Président, un parlement à l'œuvre et un gouvernement à la tâche ».

Dans cet entretien accordé à la Radio des Nations Unies, il entend ainsi sensibiliser l'ensemble des partenaires afin que ce rendez-vous dans la capitale européenne soit un succès et que ce plan de Bangui soit soutenu. « Cela est important pour la consolidation de la paix en Centrafrique », fait-il remarquer au micro de la Radio de l'ONU. En effet, le 17 novembre, les bailleurs de fonds de la Centrafrique ont rendez-vous à Bruxelles pour soutenir un plan de relèvement sur cinq ans. Les besoins de la Centrafrique s'élèveraient à trois milliards de dollars sur cinq ans.

Un rendez-vous qui intervient alors que le monde fait face à une multitude de crises, notamment au Moyen-Orient, avec le sanglant conflit en Syrie et la crise des déplacés à Mossoul en Iraq. Pourtant, le Représentant spécial de l'ONU indique n'avoir ressenti aucune « lassitude de la part de la communauté internationale » concernant le dossier centrafricain « mais plutôt une mobilisation dont les Nations Unies se réjouissent ». A cet égard, Parfait Onanga-Anyanga est d'avis que la crise centrafricaine « n'est ni une crise oubliée ni une crise négligée ». « La Centrafrique a aujourd'hui une chance extraordinaire d'avoir une Mission des Nations Unies sur place qui est l'expression la plus forte de la communauté internationale aux côtés d'un pays qui a connu une crise ».

Mais pour le diplomate gabonais, cet appui doit à nouveau se matérialiser à Bruxelles. « Il faut maintenant s'engager pour la RCA parce que si on ne le fait pas, il faut craindre que les mêmes causes produisent les mêmes effets. », a déclaré Parfait Onanga-Anyanga non sans rappeler que « tout est encore fragile » à Bangui et dans certaines provinces.

Malgré les progrès notés, « la paix est encore fragile ».  « Mais tous les problèmes de la Centrafrique ne sont pas réglés et bien au contraire ». « Il y a des besoins urgents sur le plan humanitaire.  Sur le plan sécuritaire, l'ONU souligne que la « situation reste toujours préoccupante avec des tensions qui subsistent ». Comme ces violences qui ont émaillé le mois d'octobre avec ces affrontements à Kaga-Bandoro, Bambari (et dans la capitale Bangui. « Et c'est la préoccupation de la MINUSCA qui déploie des efforts considérables pour essayer justement de mettre fin à ces violences», souligne le Chef de la Mission de l'ONU en Centrafrique.

Malgré ces violences meurtrières, la MINUSCA insiste sur le fait qu'il y a eu « des améliorations » et que « ce pays n'est plus dans une guerre ouverte, donc en soi, la MINUSCA a créé les conditions et nous avons la responsabilité de travailler aux côtés des forces centrafricaines pour qu'on puisse restaurer la paix et la stabilité ».

En conclusion, le Chef de la MINUSCA dira que la « crise centrafricaine n'est pas qu'une solution sécuritaire » et « qu'il faut d'ores et déjà penser au relèvement de ce pays, donc se pencher aussi aux questions de développement ».  Une façon de demander aux partenaires de la RCA de porter une attention particulière à la jeunesse centrafricaine. « 70% de la population est désœuvrée, cette jeunesse qui n'a aucun espoir et qui est malheureusement l'objet de manipulation diverse et à la merci des groupes armées, il faut lui redonner l'espoir ».

Il faut juste rappeler qu'après la conférence des donateurs prévue jeudi prochain à Bruxelles, les Nations Unies entendent lancer le lundi 28 novembre à Genève un appel de fonds pour financer les opérations humanitaires en République Centrafricaine.

(Interview : Parfait Onanga-Anyanga Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission de l'ONU en Centrafrique ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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23/10/2017
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