L'ONU réaffirme son attachement à défendre les droits du peuple palestinien

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Des Palestiniens devant leurs maisons détruites par les forces israéliennes à Susiya, au sud d'Hébron, dans le territoire palestinien occupé. Photo OCHA

Le Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien a organisé, ce matin, une séance spéciale pour célébrer la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien.  À cette occasion, plusieurs intervenants ont demandé à la communauté internationale de prendre des mesures concrètes d'urgence pour mettre fin à l'occupation brutale des territoires palestiniens par Israël.

Le Président du Conseil de sécurité pour le mois de novembre, M. Fodé Seck (Sénégal) a fait le point sur les activités entreprises par le Conseil en faveur d'un règlement juste et durable du conflit israélo-palestinien.  Le Conseil est régulièrement alerté sur les obstacles grandissants à la paix au Proche-Orient, a-t-il expliqué, avant de noter que la Journée internationale coïncidait avec des développements sur le terrain qui suscitent des inquiétudes majeures.

Il y a « un vide dangereux au sein de la communauté internationale », a reconnu le Vice-Secrétaire général de l'ONU, M. Jan Eliasson, alors que tant d'autres crises demandent l'attention du monde.  Mais, a-t-il plaidé, on ne peut pas se détourner du conflit israélo-palestinien: Gaza est une « bombe à retardement » et Jérusalem risque de devenir « une poudrière ».  La communauté internationale doit dire clairement qu'elle demeure attachée à la réalisation de l'autodétermination pour des millions de Palestiniens.

Faisant le bilan des 10 dernières années, M. Eliasson s'est félicité de l'admission de la Palestine à l'ONU en tant qu'État observateur non membre en 2012, un « jalon historique ».  Malheureusement, a-t-il ajouté, il s'agit à bien des égards d'« une décennie perdue ».  Gaza demeure une catastrophe humanitaire et pourrait devenir « un lieu invivable d'ici à 2020 ».  En Cisjordanie, la politique de construction des colonies de peuplement perdure, érodant la viabilité de la solution des deux États, laquelle « risque de nous échapper », a averti le Vice-Secrétaire général.

« C'est avec une grande tristesse que le Secrétaire général quittera son Bureau sans avoir vu la fin du conflit palestinien », a conclu M. Eliasson, en rappelant que M. Ban Ki-moon n'avait pas ménagé ses efforts dans la région, où il s'est rendu 11 fois.

Le Président de la soixante et onzième session de l'Assemblée générale, M. Peter Thomson, a considéré que la première urgence était la levée du « blocus illégal de Gaza ».  Il a notamment estimé que la réalisation des objectifs de développement durable devait être un moyen pour le peuple palestinien d'exercer effectivement ses droits inaliénables.  Les Palestiniens ne seront pas les laissés-pour-compte du Programme de développement durable à l'horizon 2030, a-t-il insisté.

Dans un message lu par l'Observateur permanent de la Palestine, le Président de l'Autorité palestinienne, M. Mahmoud Abbas, a exhorté les membres du Conseil de sécurité à adopter une résolution pour que cessent les activités de peuplement d'Israël, ces activités étant « le principal obstacle à la réalisation de la paix au Proche-Orient ».  M. Abbas a aussi appelé à la tenue d'une conférence internationale de paix pour que soit mis en place un mécanisme destiné à accompagner et encadrer la fin de l'occupation israélienne.

L'Observateur permanent de l'Organisation de coopération islamique, M. Agshin Mehdiyev, a rappelé le danger que présente la poursuite des agressions israéliennes contre les sanctuaires musulmans et chrétiens, qu'il a qualifiées de « provocation sans précédent des sentiments des musulmans partout dans le monde » qui « risquent de conférer au conflit une dimension religieuse dont Israël seul assumera les conséquences ».

Au nom de la Ligue arabe, M. Abdelaziz Enani a reproché à la communauté internationale de récompenser Israël en l'accueillant dans ses enceintes de négociations et de le conforter ainsi dans ses pratiques illégales.  Si Israël est autorisé à siéger en tant que membre non permanent au Conseil de sécurité, la Ligue arabe condamnera fermement ce choix, a-t-il annoncé.

Au nom du Mouvement des pays non alignés, le représentant du Venezuela a lu un texte du Président Nicolas Maduro qui critiquait, à son tour, le Conseil de sécurité pour son inaction face aux souffrances du peuple palestinien.  Il a lancé un appel pour que des mesures soient prises dans le respect du droit international pour remédier aux violations des droits du peuple palestinien et assurer sa protection.

Dans le même ordre d'idées, l'Observateur permanent de l'Union africaine, M. António Téte, s'est dit convaincu que la paix ne peut pas être atteinte au Moyen-Orient sans la communauté internationale, en particulier sans le Conseil de sécurité.

Le Président du Comité spécial chargé d'enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l'homme du peuple palestinien et des autres Arabes des territoires occupés, M. Amrith Rohan Perera, a indiqué que les témoignages recueillis par le Comité spécial ne laissaient aucun doute quant au fait que les Palestiniens, hommes, femmes et enfants, souffrent quotidiennement de violences et d'humiliations en raison d'une occupation illégale qui affecte gravement tous les aspects de leur vie.

Pourquoi prônons-nous le respect des droits de l'homme et de l'état de droit dans toutes les autres situations de conflit mais laissons-nous cette occupation se perpétuer en toute impunité depuis près de 50 ans? s'est demandé à l'ouverture de la séance M. Dian Triansyah Djani, le Vice-Président du Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien.  Pour M. Djani, il ne peut y avoir aucune justification ni excuse à la poursuite de l'inaction.

Le Comité a également entendu la Directrice exécutive de Just Vision, Mme Suhad Babaa, qui a fait une déclaration au nom des organisations de la société civile actives sur la question de Palestine.

Dans un message adressé à l’occasion de la Journée, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a réaffirmé mardi l’attachement de l’Organisation à défendre les droits du peuple palestinien et à bâtir un avenir de paix, de justice, de sécurité et de dignité pour les Palestiniens comme pour les Israéliens.

« Le conflit israélo-palestinien n’est pas seulement l’un des nombreux conflits que connaît le Moyen-Orient; il est, à bien des égards, une plaie béante, alimentant depuis longtemps les tensions et les conflits dans toute la région », a souligné M. Ban dans un message.

« Les dirigeants israéliens et palestiniens continuent d’exprimer leur attachement à la solution des deux États. Cependant, si aucune mesure n’est prise rapidement pour relancer la perspective d’un règlement politique, c’est la réalité d’un État unique qu’ils risquent de pérenniser », a-t-il ajouté.

Le chef de l’ONU a rappelé que ces dernières années ont été marquées « par deux tentatives de négocier un règlement pacifique qui se sont soldées par un échec, trois conflits armés, des milliers de morts – en majorité des civils palestiniens –, d’incessants actes d’incitation, des attaques terroristes, des milliers de roquettes et de bombes lancées sur Israël depuis Gaza et une campagne d’expansion des colonies israéliennes illégales, qui risque de saper les valeurs démocratiques d’Israël et la nature de sa société ».

(Extrait sonore : Fodé Seck, Président du Conseil de sécurité, Représentant permanent du Sénégal auprès des Nations Unies)

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17/11/2017
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