Iraq/Mossoul : 40 nouvelles exécutions imputées à Daech et de possibles boucliers humains

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Des déplacés iraquiens qui ont quitté leurs zones rurales au sud de Mossoul pour fuir les exactions de Daech. Photo UNICEF/Mackenzie

Les djihadistes groupe Etat islamique (EI) auraient exécuté samedi 40 anciens membres des services de sécurité iraquiens près de Mossoul et ont jeté leurs corps dans la vallée du Tigre. Et cette politique de la terreur consiste aussi à utiliser des milliers de civils comme boucliers humains. Selon le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Daech a ainsi tenté de déplacer des milliers de civils vers Mossoul et ses alentours. Et les Nations Unies craignent que ces personnes puissent être utilisées comme bouclier humain.

 

D'après des informations obtenues par le Haut-Commissariat, le groupe Etat islamique (EI) a tenté d'acheminer dans la nuit de dimanche à lundi 25.000 civils de la localité de Hamam al-Alil, afin de les rapprocher de Mossoul. Transportés dans des camions et autocars au sud de cette deuxième ville d'iraquienne, ils seraient probablement utilisés comme boucliers humains face à l'offensive des forces gouvernementales. « La plupart des camions ont été empêchés de se rendre à Mossoul en raison de patrouilles aériennes de la coalition » internationale, a expliqué Ravina Shamdasani, une porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme lors d'un point de presse ce mardi à Genève.

Selon les services du Haut-Commissaire Zeid, la plupart des véhicules ont dû rebrousser chemin sous la menace des forces aériennes, mais quelques cars sont tout de même arrivés à Abousaïf, 15 km au nord d'Hammam al Alil. « Nous avons de sérieuses inquiétudes quant à leur sécurité et à celle des dizaines de milliers d'autres civils qui auraient été déplacés de force durant ces deux dernières semaines » par l'EI, a averti Ravina Shamdasani.

Par ailleurs, plus de 40 anciens soldats des forces de sécurité iraquiennes ont été abattus par les djihadistes samedi et leurs corps ont été jetés dans le fleuve Tigre. Au total, l'ONU estime que 296 anciens soldats des forces iraquiennes de sécurité ont été exécutés par l'EI depuis mardi dernier.

(Extrait sonore : Hojeij Mohamed, Expert au Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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12/12/2017
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