Haïti : la nouvelle approche de l'ONU sur le choléra place les gens au cœur de la réponse

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Une jeune patiente infectée par le choléra se repose au centre médical de Doin, à 15 km au nord de Saint Marc, une ville du département d’Artibonite en Haïti. (Photo d’archive : ONU/UNICEF/Marco Dormino)

Le combat contre le choléra en Haïti sera un combat qui sera long et approfondi mais les Nations Unies seront là avec le peuple et les autorités haïtiennes, a déclaré le porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies, Stéphane Dujarric, à la veille de la présentation de la nouvelle approche de l'Organisation pour lutter contre l'épidémie dans ce pays.

Cette nouvelle stratégie de lutte contre le choléra avait été annoncée en août dernier et doit être présentée par le Secrétaire général Ban Ki-moon devant l'Assemblée générale des Nations Unies jeudi 1er décembre. Elle comporte des interventions rapides dans les zones où des cas sont signalés ainsi que la prévention de futures crises de santé publique à haut risque.

La nouvelle approche met également l'accent sur les personnes et propose la mise en place d'un programme d'assistance matérielle et de soutien aux Haïtiens directement affectés par la maladie.

« C'est une approche qui va au fond du problème avec des investissements à long terme dans les installations sanitaires dont le pays a besoin pour éradiquer le choléra ; des investissements à court terme pour enrayer la progression du choléra ; et, le plus important, qui met les personnes et les communautés impactées par le choléra au cœur de nos efforts », a expliqué Stéphane Dujarric.

« Les Nations Unies doivent écouter le peuple haïtien, doivent écouter les communautés qui ont été impactées par cette maladie », a-t-il souligné, ajoutant que les consultations avec les communautés seront d'une grande importance. « Seules les communautés pourront nous expliquer de quoi elles ont besoin, comment nous pouvons les aider », a-t-il précisé.

Dans un deuxième temps, une approche individuelle est aussi envisagée, a poursuivi le porte-parole. Celle-ci exigerait toutefois une identification précise des victimes du choléra et des membres de leurs familles et un montant minimal de financement.

« Nous savons très bien et le Secrétaire général sait très bien que les Nations Unies ont une responsabilité morale envers les personnes les plus affectées par l'épidémie de choléra. Nous regrettons les terribles souffrances endurées par le peuple haïtien du fait de l'épidémie », a déclaré M. Dujarric.

Selon les estimations de l'ONU, le programme devrait coûter environ 400 millions de dollars au cours des deux prochaines années. « Ce n'est pas une somme insurmontable et le Secrétaire général espère beaucoup que l'Assemblée générale, que la communauté internationale, se montreront solidaires et seront là pour aider Haïti à un moment où se pays a besoin d'aide », a dit le porte-parole.

« Le plus important à long terme c'est un investissement soutenu dans le réseau sanitaire en Haïti pour s'assurer que la distribution de l'eau soit à un niveau tel où l'eau sauve et nourrit et l'eau n'empoisonne plus comme nous l'avons vu avec le choléra », a-t-il conclu.

 

 

(Interview : Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies; propos recueillis par Walter Mulondi, MINUSTAH FM)

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15/12/2017
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