Cour pénale internationale : ce n'est pas le moment d'abandonner la CPI, plaide le Haut-Commissaire Zeid

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Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein. Photo : ONU / Jean-Marc Ferré

La quinzième Assemblée des Etats parties de la Cour pénale internationale s'est ouverte ce mercredi à La Haye, aux Pays-Bas. Lors de son allocution d'ouverture, le président de l'Assemblée des Etats parties au statut de Rome a demandé à la Gambie, l'Afrique du Sud et au Burundi de ne pas se retirer de la CPI. « Ne partez pas », a déclaré le Ministre de la Justice du Sénégal, Sidiki Kaba, dans un « message solennel » aux trois pays africains. Et le Haut-Commissaire Zeid s'est aussi fait l'avocat de la CPI en exhortant la communauté internationale à penser aux victimes

 

Ce n'est pas le moment d'abandonner le poste. C'est le temps de la détermination et de la fermeté. C'est en ces termes que le Chef des droits de l'homme décrit la situation qui prévaut présentement à la Cour pénale internationale. Lors d'un discours prononcé ce mercredi à l'ouverture de la quinzième Assemblée des Etats parties à La Haye, Zeid Ra'ad Al Hussein s'est insurgé contre les attaques renouvelées contre la Cour. Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme fait ainsi référence à la décision de trois pays africains – la Gambie, l'Afrique du Sud et le Burundi – de se retirer de la CPI.

Face à de telles défections, il a exhorté la communauté internationale à prêter l'épaule à cette institution et s'est demandé si le retrait des États de la CPI n'avait pour but à soustraire leurs dirigeants contre d'éventuelles poursuites.

Zeid Ra'ad Al Hussein s'est d'ailleurs dit « attristé » par ces derniers développements non sans rappeler que les pays africains ont été l'épine dorsale de cette Cour, surtout au moment de sa création. A cet égard, le Chef des droits de l'homme de l'ONU s'est réjoui que certains États parties d'Afrique aient récemment fait des déclarations pour réaffirmer leur soutien à la Cour, parmi lesquels le Botswana, la Sierra Leone, le Malawi, le Nigeria, la Côte d'Ivoire, et le Sénégal.

Une façon de rappeler que les « victimes de ces crimes les plus graves auront du mal à comprendre » pourquoi certains ont abandonné le navire et que d'autres États n'aient jamais adhéré au statut de Rome. Une situation qui « victimise » une nouvelle fois ces martyrs estimant que les retraits à la CPI nient leurs droits à des recours et à des réparations.

En conclusion, le Haut-Commissariat a rappelé que si « les puissants peuvent craindre la Cour », les victimes plaident pour « sa plus grande implication ». « Il faudra tout le courage, le sang-froid et l'engagement des États parties pour résister face à de tels défis », fait-il remarquer. Selon Zeid Ra'ad Al Hussein, les défis d'aujourd'hui ne sont pas le premier test sévère auquel doit faire face la Cour et ils ne seront pas les derniers. « Une nouvelle tendance isolationniste et un leadership mal intentionné se développe à travers le monde », a-t-il souligné.

(Correspondance d'Alpha Diallo à Genève pour la Radio des Nations Unies)

 

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19/10/2017
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