Corne de l'Afrique : plus de 100.000 Africains ont fui vers le Yémen malgré le conflit

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Carte de la situation humanitaire du Yémen. (OCHA)

Malgré le conflit armé qui fait rage au Yémen, plus de 100.000 migrants et réfugiés de la Corne de l'Afrique ont traversé le golfe d'Aden pour se rendre dans ce pays. A la suite de la publication de ces statistiques ce mardi à Genève, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a une nouvelle fois mis en garde contre les dangers d'une telle entreprise. Et l'Agence onusienne entend d'ailleurs lancer une campagne d'information dès ce mois de décembre pour prévenir ces migrants des dangers.

Le conflit armé qui fait rage au Yémen et la détérioration de la situation humanitaire ne semblent décourager les candidats à l'exil. Selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés, ces migrants originaires d'Afrique orientale ont, au péril de leur vie, tenté cette périlleuse aventure et traversée du Golfe d'Aden à bord de bateaux de fortune. « Malgré le conflit et la rapide détérioration des conditions humanitaires, plus de 100.000 personnes ont risqué jusqu'à présent cette année leur vie en haute mer pour atteindre le Yémen depuis la Corne de l'Afrique en bateau », a déclaré un porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), William Spindler.

C'est la raison pour laquelle, l'Agence de l'ONU pour les réfugiés a souligné la nécessité d'un soutien urgent dans les pays d'origine et de transit pour décourager ces candidats à l'exode de tenter cette mortelle traversée. « Cela met en évidence la nécessité de soutenir urgemment les pays d'origine et de transit pour décourager les gens de tenter cette traversée mortelle », fait remarquer William Spindler.

Dans ce dispositif, une nouvelle campagne d'information régionale sera lancée dès ce mois de décembre dans les pays d'origine et de transit de ces migrants et réfugiés, notamment en Éthiopie et en Somalie. L'objectif est d'insister sur les dangers encourus et les risques inhérents aux passages et surtout à l'arrivée des migrants au Yémen où sévit une guerre civile.

Depuis janvier, près de 106.000 personnes (88.700 venus d'Ethiopie et quelque 17.300 de Somalie) ont traversé la Corne de l'Afrique pour se rendre au Yémen, contre 92.446 en 2015 et seulement 25.898 en 2006. Ces réfugiés arrivent au Yémen par bateau, en traversant le Golfe d'Aden, un périple qui n'est pas sans danger. Depuis janvier, au moins 79 personnes sont mortes en mer dans cette région, selon le HCR.

Le HCR souligne que la majorité des migrants, réfugiés et demandeurs d'asile d'Éthiopie et de Somalie s'embarquent dans les villes côtières d'Obock à Djibouti et Bossaso au Puntland, en Somalie. Ils traversent ensuite la Mer Rouge ou le Golfe d'Aden vers le Yémen. Beaucoup de ceux qui font la traversée peuvent être trompés ou mal informés sur la gravité du conflit au Yémen ou l'espoir d'atteindre les États du Golfe, plutôt que de rester dans la pauvreté ou faire face à la persécution et l'insécurité chez eux.

Pourtant cette traversée et ce long périple en général sont parsemés d'embuches. Depuis le 26 mars 2015, une coalition arabe, sous la conduite de l'Arabie saoudite, mène une campagne de frappes aériennes au Yémen contre les Houthis, des rebelles chiites. Outre ces violences, les migrants et réfugiés sont exposés à diverses formes d'exploitation, de torture et d'abus. Le HCR indique avoir reçu des informations faisant état de migrants victimes de violences physiques et sexuelles, de privation de nourriture et d'eau, d'enlèvement, d'extorsion de fonds et de travail forcé par des passeurs. Des réseaux criminels accusés également d'arrestations, de détentions et d'expulsions arbitraires de migrants.

Il faut juste rappeler que le conflit dévastateur au Yémen a généré plus de 3,1 millions de personnes déplacées internes.

(Extrait sonore : William Spindler, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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