Conseil des droits de l'homme : l'Ouganda face « aux discriminations des LGBT »

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Le Ministre des affaires étrangères de l’Ouganda, Sam Kutesa et sa délégation lors du passage de son pays devant le Groupe de travail sur l'Examen périodique universel (Photo: Secrétariat Conseil des droits de l’homme)

Le second passage de l'Ouganda devant le Groupe de travail sur l'Examen périodique universel ont été largement dominés par la question des LGBT dans ce pays. Lors de cette 26e session de l'EPU du Conseil des droits de l'homme, Kampala a été interpellé sur ses « lois discriminatoires envers les personnes LGBT ». Et ce jeudi matin au Palais des Nations, des délégations ont ainsi demandé à l'Ouganda d'élaborer des programmes visant à supprimer les stéréotypes et normes de genre qui tolèrent la violence à l'égard des minorités sexuelles.

Lors de l'examen du rapport de l'Ouganda devant le Conseil des droits de l'homme, l'Italie a par exemple demandé à Kampala de promulguer la peine de mort en vue d'une abolition définitive. Et si le Congo s'est fait l'avocat d'une révision de la législation sur l'avortement afin d'en garantir l'accès à toutes les femmes, la France a de son côté plaidé pour l'abrogation « des dispositions légales qui prévoient la pénalisation des personnes LGBT, en respect du principe de non-discrimination ». A l'image de Paris, des acteurs de la société civile ont également dénoncé une Loi qui a institutionnalisé la discrimination à l'égard des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transgenres et encouragé leur harcèlement.  Dans ces conditions, ils ont demandé à l'Ouganda de veiller à ce que toutes les formes d'attaques contre des personnes LGBT donnent lieu à des poursuites et d'interdire aux médias d'inciter à la violence ou d'exhiber les LGBT.

Face à ces allégations, le Chef de la diplomatie ougandaise a évoqué un sujet « complexe » et plaidé pour plus de temps pour un « changement des normes culturelles ». « Dans tous les pays, le changement ne s'est pas produit du jour au lendemain », s'est défendu le Ministre des affaires étrangères Sam Kutesa. L'ancien Président de la 69e session de l'Assemblée générale de l'ONU a ainsi rappelé l'engagement de l'Ouganda à ne pas tolérer le harcèlement et la discrimination pour motifs d'origine sexuelle. Il a évoqué des enquêtes en cours et des poursuites pénales contre les auteurs de tels actes. En conclusion, le Ministre Sam Kutesa a indiqué toutefois que Kampala ne fera pas leur «promotion» et «n'acceptera pas l'exhibitionnisme».

Par ailleurs, d'autres délégations sont revenues sur l'élection présidentielle de février dernier, période au cours de laquelle le « Gouvernement ougandais avait adopté un certain nombre de lois, notamment la loi sur le maintien de l'ordre public qui restreignaient l'exercice des libertés publiques». Sur ce dossier, le Chef de la diplomatie ougandaise a souligné qu'en « dépit de quelques défis administratifs rencontrés au départ, ces élections se sont déroulées dans une atmosphère libre et équitable. Et leur résultat reflétait la volonté de la majorité de la population ougandaise ».

(Correspondance d'Alpha Diallo à Genève pour la Radio des Nations Unies)

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17/10/2017
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