Conseil des droits de l'homme : Andrew Gilmour appelle au respect du droit de manifester en RDC

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Des policiers tentant de maintenir l'ordre durant des manifestations à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo, en 2015. Photo: MONUSCO (archives)

De retour d'une visite en République démocratique du Congo le week-end dernier, le Sous-Secrétaire général des Nations unies aux droits de l'homme a briefé le Conseil des droits de l'homme sur la situation dans ce pays. Lors d'un dialogue informel ce mercredi à Genève, Andrew Gilmour a exprimé son vœu de voir la RDC organiser des élections crédibles et apaisées. Ce haut responsable onusien s'est surtout préoccupé de la restriction de l'espace politique et démocratique en RDC.

 

A Genève, le Sous-Secrétaire général des Nations unies aux droits de l'homme a appelé au respect des libertés fondamentales et du droit de manifester en République démocratique du Congo (RDC). Andrew Gilmour, qui vient juste de rentrer d'une visite dans ce pays, a fait le point sur la restriction de l'espace politique à Kinshasa et dans plusieurs provinces congolaises. Le Chef du Bureau des droits de l'homme à New York a ainsi informé les pays membres du Conseil sur ses entretiens avec les autorités de la RDC. Ces dernières lui ont fait part de leurs préoccupations sécuritaires à l'origine de la restriction des libertés et notamment du droit de manifestation sur toute l'étendue du territoire. Mais pour Andrew Gilmour, l'argument sécuritaire ne justifie pas une telle restriction des droits fondamentaux.

« J'ai été assez alarmé par la tendance de plusieurs responsables membres du Gouvernement congolais de la RDC qui dénigrent et délégitiment les organisations de la société civile, l'opposition et tous les manifestants. Ils accusent la présence le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l'Homme en RDC d'être le porte-parole de l'opposition et des ONG. Ils accusent les membres de l'opposition et les défenseurs des droits de l'homme d'être à la solde de puissances étrangères. Toute appui claire en faveur des droits humains ou des partis de l'opposition est considérée de manière ou d'une autre comme illégitime. Dans le cadre de nos débats, ils ont constamment qualifié les manifestants de drogués, de violeurs, de voleurs. J'ai bien expliqué que je n'accepterai pas de telles caractérisations et réfute que l'ONU soit à la solde de puissances étrangères ou le fait que l'opposition et les défenseurs des droits de l'homme soient tous des criminels.  »

Ce haut responsable onusien a également dû répondre à des critiques formulées par les autorités vis-à-vis des Nations unies et du haut-commissariat en particulier, accusations de partialité ou d'ingérence. Une façon pour Andrew Gilmour de rappeler que ces accusations ne vont pas empêcher les Nations unies de continuer à rendre compte des violations commises dans le pays puisqu'il s'agit même de l'un des mandats confié par la communauté internationale à l'ONU.

C'est la raison pour laquelle, il encourage les membres du Conseil des droits de l'homme à « continuer à suivre la situation des droits humains en RDC afin de prévenir toute escalade supplémentaire de la violence et des violations des droits de l'homme ».

A cet égard, il s'attend à que l'échéance du 19 décembre 2016, qui marque la fin du second mandat du Président Kabila, ne chauffe les esprits. En effet, Andrew Gilmour redoute qu'il y ait des manifestations dans les trois prochaines semaines. « Donc nous craignons qu'il y ait des manifestations partout dans le pays et il est possible que le gouvernement réponde de la même manière qu'en septembre dernier, avertit-il.  Et si tel est le cas, il y aurait une escalade absolument épouvantable ». C'est pourquoi, le Sous-Secrétaire général des Nations unies aux droits de l'homme a plaidé à Genève pour que des « mesures de confiance » soient « mises en place dès maintenant avant que ce scénario se produise » en RDC.

(Extrait sonore : Andrew Gilmour, Sous-Secrétaire général des Nations unies aux droits de l'homme)

LE DERNIER JOURNAL
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17/10/2017
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