Centrafrique : le Conseiller spécial pour la prévention du génocide s'inquiète de la nouvelle flambée de violence

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Des responsables des Casques bleus à Bria, en République centrafricaine. Photo MINUSCA

Le Conseiller spécial des Nations Unies pour la prévention du génocide, Adama Dieng, s’est déclaré vendredi profondément préoccupé par la nouvelle flambée de violence en République centrafricaine, dans laquelle des civils sont ciblés en raison de leur appartenance ethnique ou de leur religion.

Depuis le 21 novembre 2016, environ 85 civils auraient été tués, 76 blessés et près de 11.000 personnes ont été déplacées de la ville de Bria, dans la préfecture de Haute Kotto, à la suite d’affrontements entre deux groupes armés, le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) et l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC).

Des Casques bleus déployés à Bria par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) ont pris le contrôle de l’hôpital et ont renforcé les mesures de protection des civils.

Le Représentant du Secrétaire général en République centrafricaine s’est rendu à Bria le 24 novembre avec des représentants de l’Union africaine et de la Communauté économique des États d’Afrique centrale et a appelé à la cessation immédiate des violences.

Des affrontements entre factions opposées de l’ex-groupe Seleka ont également été signalés à Bambari, dans la préfecture d’Ouaka. Le Représentant adjoint du Secrétaire général en République centrafricaine, qui est allé à Bambari le 25 novembre avec les ambassadeurs des États-Unis et de l’Union africaine, a appelé à l’arrêt immédiat des hostilités.

Le Conseiller spécial Adama Dieng a condamné cette nouvelle flambée de violence et le risque qu’elle se traduise par des attaques de représailles. « Compte tenu de l’histoire récente du pays, ce type de violence ciblée est extrêmement dangereux et doit être arrêté », a-t-il dit.

Il a rappelé au gouvernement centrafricain sa responsabilité de protéger ses populations, quelle que soit leur appartenance ethnique ou politique. Il a appelé à la fin immédiate des hostilités et a exhorté les autorités nationales à prendre des mesures urgentes pour protéger la population contre toute nouvelle violence.

M. Dieng a aussi réclamé des enquêtes sur les allégations d’assassinats ciblés, soulignant que si ces assassinats sont généralisés ou systématiques, ils peuvent constituer des crimes relevant du droit international susceptibles d’être poursuivis devant des tribunaux nationaux ou internationaux. Il s’est par ailleurs félicité des progrès accomplis dans la création de la Cour pénale spéciale en République centrafricaine, chargée d’enquêter sur les violations graves du droit international humanitaire commises depuis 2003 dans le pays, y compris le génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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15/12/2017
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