Calais : des experts jugent que les gouvernements français et britannique ont mal géré la situation des enfants migrants

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Un jeune résident dans la “jungle” de Calais, en France (archives). Photo HCR/Corentin Fohlen

Les gouvernements de la France et du Royaume-Uni ne se sont pas montrés à la hauteur de leurs obligations en vertu de la Convention relative aux droits de l’enfant dans la façon dont ils ont géré la situation des enfants vivant dans le camp de migrants de Calais appelé ‘la jungle’, a estimé mardi le Comité des Nations Unies sur les droits de l’enfant.

Le Comité, qui surveille la façon dont les États qui ont ratifié la Convention mettent en œuvre ses dispositions, a appelé la France et le Royaume-Uni à résoudre de toute urgence la situation des enfants non accompagnés qui ont été contraints de se réfugier dans des conteneurs désaffectés d’expédition ou de dormir dehors, suite à la destruction de ce camp de fortune.

« Les événements de la semaine dernière ont montré clairement que des considérations politiques et autres ont prévalu sur les promesses initialement faites par les deux gouvernements selon lesquels la situation des enfants non accompagnés serait leur priorité. Peu de cas a été fait en réalité de l’intérêt supérieur de ces enfants », a souligné le Comité dans une déclaration à la presse.

Selon les experts de l’ONU, les désaccords entre les gouvernements français et britannique sur la question de savoir lequel de ces pays avait le devoir d’assumer la responsabilité de la majorité de ces enfants ont mené à des violations des droits de ces enfants. Des centaines ont été soumis à des conditions de vie inhumaines, laissés sans abri adéquat, sans nourriture, sans accès à des services médicaux et à un soutien psychosocial, et se sont retrouvés, dans certains cas, exposés à des passeurs et des trafiquants.

« Nous saluons l’annonce faites par les autorités françaises que les enfants sont actuellement déplacés vers des centres dédiés en vue de la prise de décisions quant à leur avenir. Nous demandons que cela soit fait le plus rapidement possible et d’une manière respectueuse des droits de ces enfants afin d’éviter que davantage de dommages irréparables leur soient faits », ont dit les experts.

Selon le Comité sur les droits de l’enfant, les gouvernements des deux pays ne peuvent pas dire qu’ils ont été pris au dépourvu par la situation de Calais. Lorsque le Comité a examiné la situation en France et au Royaume-Uni au début de cette année, il leur a fait des recommandations précises : faire cesser la détention de ces enfants, ne procéder à des évaluations de leur âge qu’en cas de doute sérieux et par le biais de procédures multidisciplinaires et transparentes et de respecter leur droit à des conditions de vie humaines et à des services de soins de santé adéquats.

« Les échecs dans la gestion de la situation des enfants de Calais ne sont pas des événements isolés mais le résultat d’un système de migration lacunaire basé sur des politiques qui se sont développées et ont été mises en œuvre sans prendre en considération les droits de l’enfant », a ajouté le Comité. « Il est essentiel que des mesures soient prises pour que ces enfants bénéficient du soutien nécessaire pour se remettre de ce qu’ils ont vécu. Il convient également de déterminer les responsabilités s’agissant des violations de leurs droits afin que d’autres enfants n’aient pas à subir un sort similaire ».

(Extrait sonore : Sébastien Lyon, Directeur général de l'UNICEF France; propos recueillis par Florence Westergard)

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20/10/2017
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