Boko-Haram : des milliers de réfugiés nigérians ont besoin d'aide dans l'Extrême-Nord du Cameroun

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La réfugiée nigériane Kadija, 19 ans, a marché pendant quatre jours avec son enfant sur le dos avant d’atteindre le camp de Kousseri au Cameroun en mars 2015. (photo d’archives: HCR / H. Caux).

La violence et l'insécurité ont continué d'entraîner des mouvements de population dans le nord du Nigéria et les pays voisins. Au Cameroun, c'est dans la région isolée de l'Extrême-Nord du pays que ces civils fuyant les exactions de Boko-Haram trouvent refuge. Un flux incessant de réfugiés nigérians quitte ainsi la zone frontalière instable entre le Nigéria et le Cameroun en quête d'abri à une centaine de kilomètres à l'intérieur des terres, au camp de Minawao. Et ces réfugiés sont plus que jamais dans le besoin, selon le HCR.
Des milliers de réfugiés nigérians vivant dans des conditions difficiles dans des régions frontalières isolées et précaires de l'Extrême-Nord du Cameroun ont besoin d'une aide urgente. L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s'est dite disposée à les aider, mais la constante menace de Boko Haram reste un obstacle à l'accès régulier des humanitaires dans ces zones.

Pourtant une équipe du HCR a pu visiter au début du mois les zones frontalières jusqu'ici inaccessibles dans cette partie septentrionale du Cameroun. Ainsi dans les districts de Fotokol, Makary et Mogode, les équipes du HCR ont préenregistré plus de 21.000 réfugiés qui vivaient depuis des mois avec des communautés d'accueil après avoir fui les exactions de Boko Haram au nord-est du Nigéria. C'était la première fois que les organismes humanitaires avaient pu rendre visite à ces personnes vulnérables qui pourraient être beaucoup plus nombreuses.

Mais en raison de l'insécurité et des conditions difficiles, le HCR encourage les réfugiés à s'installer dans le camp de Minawao qui se trouve à l'intérieur de la région et à l'abri des incursions frontalières. « Si la sécurité le permet, le HCR espère y revenir pour enregistrer officiellement ceux qui restent ». avance l'Agence onusienne dont le siège se trouve à Genève.

Selon l'ONU, plus de deux millions de personnes sont déracinées au Nigéria, y compris 1,87 million de civils ayant fui les violences de Boko Haram depuis 2014. 200.000 personnes ont par ailleurs trouvé refuge dans les pays voisins au Cameroun, au Tchad et au Niger.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du HCR à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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18/09/2017
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