Traite des personnes : l’ONU exhorte les pays à intensifier leurs efforts

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Yury Fedotov, directeur executif de l'Office des Nations Unies contre les drogues et le crime. Photo ONU/R.Bajornas

Le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies pour la lutte contre la drogue et le crime (ONUDC), Yury Fedotov, a appelé jeudi les Etats à mettre en œuvre de manière « claire et sans ambiguïté » les dispositions de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, afin de lutter efficacement contre la traite des personnes.

La Convention dite de Palerme a été ratifiée par 187 Etats et son protocole additionnel relatif à la traite des personnes a été signé par 157 pays.

La lutte contre la traite des personnes s’inscrit dans la réalisation des ODD

S’exprimant lors d’un événement spécial consacré à la lutte contre la traite des personnes et la ratification universelle de la Convention de Palerme, M. Fedotov a indiqué que le Programme de développement durable à l’horizon 2030 a amplifié « l’importance vitale d’une action contre les trafiquants » et que la criminalité liée à la traite des personnes constitue un « obstacle important » à la réalisation des 17 objectifs de développement durable (OOD).

Il a rappelé que la cible 2 de l’objectif 16 porte sur la fin de la traite et de toutes les formes de violence contre les enfants, la cible 7 de l’objectif 8 sur la prise de mesures efficaces contre la traite des personnes et la cible 2 de l’objectif 5 sur l’élimination de toutes les formes de violence contre les femmes et les filles.

« Ces objectifs fournissent la base indispensable pour une action directe », a-t-il précisé. « Ils livrent un message clair aux criminels du monde que l’attention portée à la criminalité n’est plus à la périphérie de la construction d’un développement durable », a-t-il ajouté.

Le Directeur exécutif a saisi l’occasion de cette réunion pour rappeler que le prochain Rapport mondial de l’ONUDC sur la traite des personnes montre que les mouvements liés à la traite des personnes suivent généralement les principales routes migratoires. « Les victimes de la traite détectées dans toutes les régions sont, pour la plupart, étrangères aux pays dans lesquels ils sont détectés », a-t-il dit. « Ce qui est le plus tragique, et met en évidence leur vulnérabilité, est que près de 80% de toutes les victimes de la traite détectées sont des femmes et des enfants ».

Mettre en œuvre pleinement la Convention de Palerme

Bien que la Convention ait été quasiment universellement ratifiée, M. Fedotov a souligné que des difficultés réelles et distinctes existent dans le domaine de sa mise en œuvre. « Notre objectif doit être d’encourager les pays à appliquer pleinement la Convention, et de créer un réseau solide et efficace des opérations, un partage d’informations et une entraide judiciaire visant à éliminer la traite des personnes ».

Le chef de l’ONUDC a décrit trois réponses immédiates qui doivent être prises par les pays en vertu de la Convention et de son protocole:

• Élaborer de nouvelles stratégies au niveau national qui peuvent être intégrées dans les approches régionales et mondiales plus larges.

• Poursuivre les enquêtes efficaces et opportunes et engager des poursuites contre les trafiquants d’êtres humains.

• Apporter un soutien à la collaboration, la coordination et la coopération à tous les niveaux.

« Nous devons aussi aller après l’argent » a dit M. Fedotov. « Les trafiquants ne devraient jamais être autorisés à récolter d’immenses bénéfices de la douleur, la misère et la souffrance », soulignant la nécessité d’une plus grande attention portée à l’allocation des ressources, y compris une réorientation stratégique vers le ciblage des réseaux criminels, tout en préservant et en protégeant les victimes.

Le Directeur exécutif a reconnu que la lutte contre la traite des personnes n’est pas simple. « Cela requiert d’énormes quantités d’engagement et de dévouement, des dépenses en milliers d’heures de travail de police, des actions juridiques prolongées, et souvent des enquêtes transfrontalières galvanisés par le partage de renseignements et des opérations conjointes », a-t-il dit tout en précisant que les dispositions du protocole de Palerme prévoient des mesures concrètes qui offrent une occasion de « sceller les fissures dans l’application des lois internationales qui pourraient permettre aux coupables de partir librement ».

« Nous voulons vivre dans un monde où la traite des personnes n’existe plus ».

Si nous voulons le faire, nous devons nous unir et livrer une action efficace et efficiente sur le terrain pour atteindre cet objectif », a-t-il conclu.

 

(Mise en perspective : Cristina Silveiro)

 

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23/10/2017
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