RCA: la forte présence de mercenaires menace la stabilité du pays, selon un groupe d'experts de l'ONU

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Des munitions retrouvées à Bria suite à la reprise de la ville des ex-Seleka en 2015.(UN Photo/Nektarios Markogiannis)

Le Groupe de travail des Nations Unies sur les mercenaires a appelé mercredi le Gouvernement de la République centrafricaine (RCA) à contrer de toute urgence la menace des mercenaires et des combattants étrangers qui ont rejoint des groupes armés locaux afin d'éviter une nouvelle escalade de la violence dans le pays.

« Nous avons reçu des informations selon lesquelles des mercenaires et des combattants étrangers en provenance de pays voisins, notamment du Cameroun, du Tchad, du Niger et du Soudan, ont rejoint des groupes armés, principalement les Seleka, provoquant chaos et destruction », a déclaré l'expert en droits de l'homme Anton Katz à la fin de la visite du Groupe de travail * en RCA.

« Plus de 500 mercenaires et combattants étrangers demeurent en RCA aujourd'hui » a noté Anton Katz ajoutant que le nombre de mercenaires pourraient s'élever à quelques milliers.

Selon lui, les mercenaires ont profité de la fragilité actuelle du pays pour s'enrichir à travers des activités criminelles et leur présence continue compromet gravement le droit des Centrafricains à l'autodétermination et menace la stabilité du pays.

Les frontières poreuses ont rendu facile l'entrée dans le pays des groupes armés étrangers. Les richesses naturelles telles que le diamant, l'or, l'uranium et le pétrole représentent une motivation pour ces combattants. La perception des taxes illégales prélevées à la population, ainsi que le vol, le pillage, le trafic et la contrebande de marchandises sont devenus une source de revenus pour ces acteurs.

« Nous demandons au Gouvernement de donner la priorité à la protection des civils contre les groupes armés», a déclaré Patricia Arias. « Nous l'exhortons à poursuivre le renforcement des forces de sécurité nationales et le renforcement des mécanismes judiciaires pour lutter contre les menaces des groupes armés ainsi que contre le problème de l'impunité qui prévaut. »

« Etant donné que l'exploitation des ressources naturelles attirent souvent des acteurs armés étrangers, il est essentiel que le Gouvernement mette en place un système pour sécuriser ces sites et un mécanisme transparent pour gérer ces ressources », a dit Anton Katz notant qu'ils avaient reçu des informations d'une entreprise qui a embauché d'anciens membres Séléka pour un salaire élevé afin de protéger un site pétrolier dans le nord du pays.

La délégation a visité la capitale de Bangui et la ville diamantaire de Bria. Elle a rencontré des représentants du Gouvernement, des membres du pouvoir judiciaire et de la société civile, des membres des groupes armés, des victimes de violations des droits de l'homme et le personnel MINUSCA. Elle a également visité le camp M'poko pour les personnes déplacées intérieurement et le centre de détention pour femmes de Bimbo.

 

(Extrait sonore : Patricia Arias, membre du Groupe de travail sur les mercenaires; propos recueillis par la MINUSCA)

 

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14/12/2017
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