Population : soutenir les filles aujourd'hui pour le bien-être de tous demain

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Temawelase une jeune écolière du Swaziland.(Crédit photo: UNFPA/Barcroft Media/Mark Lewis)

Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) publie ce jeudi 20 octobre le rapport sur l'État de la population mondiale en 2016, un document axé sur l'investissement dans les jeunes filles.

Le document montre qu'au cours des 15 prochaines années, les pays en développement pourraient gagner ou perdre 21 milliards de dollars selon qu'ils décident ou non d'investir dès à présent dans le bien-être, l'éducation et l'autonomie de leurs filles de dix ans.

Le rapport met également en exergue le fait qu'une économie prospère, stagne ou s'effondre tient en grande partie à sa capacité à soutenir les filles de dix ans aujourd'hui. Tout comme une fille de dix ans se trouve à un tournant de sa vie tandis qu'elle s'apprête à entrer dans l'adolescence et se dirige vers l'âge adulte, de nombreux pays en développement en sont à un stade critique de leur évolution démographique, avec une hausse conséquente de la proportion de jeunes et d'adolescents au sein de la population.

Les pays qui choisissent de mettre en place des politiques et des institutions propres à renforcer le capital humain que constituent les filles de dix ans, par le biais d'une éducation de qualité et de l'accès aux informations et services sanitaires, sont susceptibles de réaliser des progrès économiques majeurs. En revanche, ceux qui décident de ne rien faire ou de ne déployer que peu d'efforts pour abattre les obstacles à l'accomplissement du potentiel des filles seront confrontés à des difficultés considérables lorsqu'ils voudront renforcer leur croissance et leur développement économiques.

Toujours selon le rapport, dans les pays caractérisés par des populations jeunes importantes ou émergentes, les investissements en faveur des filles de dix ans sont susceptibles d'offrir en retour un « dividende démographique » qui, d'une part, profite aux filles et, d'autre part, permette d'aboutir à une croissance économique inclusive, équitable et solide. Pour les filles de dix ans, l'enjeu consiste à potentiellement tripler ce qu'elles gagneront sur toute une vie. Pour chaque société dans laquelle elles évoluent, c'est la réduction de la pauvreté qui est en jeu. Sur les 15 prochaines années uniquement, l'ensemble des pays en développement pourraient gagner ou perdre 21 milliards de dollars selon qu'ils décident ou non d'investir dès aujourd'hui dans le bien-être, l'éducation et l'autonomie de leurs filles de dix ans.

Globalement, l'horizon d'une fille âgée de dix ans aujourd'hui est plus clair que celui de la génération précédente. Mais les améliorations obtenues concernant leur santé et leur éducation sont inégales, tant au sein des pays qu'entre eux. Ainsi, les perspectives d'une fille de dix ans sont plus favorables si elle vit dans un pays riche au sein d'un foyer aisé et urbain, plutôt que dans un pays en développement au sein d'une famille pauvre et rurale. Les disparités à l'intérieur d'un même pays peuvent être encore plus importantes que celles existant entre les pays.

Par ailleurs, le document montre que les obstacles que rencontrent les filles de dix ans diffèrent par leur type et leur degré de persistance à travers le monde. Mais, quel que soit l'endroit, il existe des barrières qui les désavantagent par rapport aux garçons, et ces barrières ne feront que s'élever à mesure qu'elles grandiront. Si ces obstacles sont renforcés, c'est un avenir fait de dépendance, d'impuissance et de pauvreté qui les attend. À l'inverse, si ces obstacles sont éliminés, leur avenir sera synonyme d'autonomie, d'intégration et de force économique.

(Interview : Danielle Engel, spécialiste sur les jeunes et les adolescents au Fonds des Nations Unies pour la population; propos recueillis par Jérôme Longué)

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13/12/2017
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