Méditerranée: le nombre de décès des migrants et réfugiés multiplié par trois

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Des migrants et des réfugiés sauvés par les garde-côtes italiens (photo d’archives de Massimo Sestini de la Marine Italienne).

Plus de 3700 réfugiés et migrants ont péri en Méditerranée depuis le début de l'année, soit presqu'autant que pendant la totalité de 2015, année où trois fois plus de personnes avaient tenté la traversée. Selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), c'est de loin le « pire » bilan vu en Méditerranée.

 

Selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), plus de 327.800 migrants et réfugiés ont rejoint pour le moment l'Europe via la Méditerranée. Et sur ce total de départs connus, le HCR a répertorié 3.740 morts. L'an dernier, 3771 personnes n'ont pas survécu à la traversée sur plus d'un million qui ont pris la mer.

« C'est de loin, le pire que nous ayons vu en Méditerranée », a d'ailleurs déclaré le porte-parole du HCR lors d'un point de presse ce mardi à Genève. William Spindler a souligné que cela revenait à dire que le taux de décès avait été multiplié par trois. « D'un décès pour 269 migrants et réfugiés ayant reçu à traverser la Méditerranée l'an dernier, nous sommes désormais sur une moyenne d'un décès sur 88 arrivées », fait remarquer cette agence onusienne basée à Genève. Le HCR note que le bilan est plus lourd sur la voie de la Méditerranée centrale entre la Libye et l'Italie. « Il est encore plus élevé avec un décès pour 47 arrivées », s'est insurgé William Spindler.

Le HCR avance des causes multiples pour expliquer cette hausse de décès. Environ la moitié de ceux qui ont jusqu'à présent traversé la Méditerranée cette année ont pris le chemin de l'Afrique du Nord vers l'Italie, un itinéraire considéré comme l'un des plus périlleux. Deuxième hypothèse avancée : les passeurs utilisent souvent des navires de moindre qualité, notamment des radeaux pneumatiques connus pour leur fragilité. Autre raison soulevée par l'agence onusienne, le mauvais temps ou la mauvaise tactique des trafiquants qui privilégient des embarquements de masse avec des milliers de passagers à la fois.

Finalement avec une probabilité de décès lors d'une traversée sur les côtes libyenne s'élevant actuellement à une personne sur 88, le HCR rappelle que cela souligne l'importance des opérations de sauvetage dans le cadre de la réponse aux mouvements de réfugiés et de migrants en Méditerranée. Des drames qui soulignent aussi « la nécessité d'alternatives concrètes et plus sûres pour les personnes ayant besoin d'une protection internationale ».

(Extrait sonore : William Spindler, porte-parole du HCR à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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17/10/2017
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