Mauritanie : des experts de l’ONU préoccupés par la situation de militants des droits de l’homme emprisonnés

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Le Rapporteur spécial sur l'extrême pauvreté et les droits de l'homme, Philip Alston. (archives) Photo ONU/Loey Felipe

Un groupe d’experts des droits de l’homme de l'ONU a exprimé mercredi sa grave préoccupation au sujet du fait qu'un groupe de militants mauritaniens, actuellement emprisonnés pour leur rôle présumé dans une manifestation contre les expulsions forcées à Nouakchott, soient ciblés par le gouvernement en raison leur plaidoyer anti-esclavagiste.

Les défenseurs des droits de l’homme ont été condamnés en août à des peines de prison allant de trois à quinze ans.

Treize de ces militants sont membres de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), principale organisation de la société civile mauritanienne luttant contre l’esclavage. Les militants ont constamment nié toute implication dans les manifestations contre les expulsions forcées, au cours desquelles plusieurs personnes, dont des policiers, ont été blessées.

Selon les experts, le gouvernement mauritanien est particulièrement hostile à des groupes comme l’IRA, dont les membres sont issus de la minorité haratine, et qui œuvrent pour la promotion de la fin de l’esclavage.

Le procès qui s’est tenu en août a été entaché de graves violations du procès équitable ainsi que d’autres violations des droits de l’homme. Des indications crédibles permettent en outre d’affirmer que les membres de l’IRA ont été torturés au cours de leur détention, et les experts s'inquiètent du grave état de santé de certains détenus.

Les experts s'inquiètent aussi du transfert des détenus d'un centre de détention de Nouakchott dans un centre de détention à Zouérate, à environ 700 kilomètres de la capitale.

Les experts de l'ONU demandent instamment aux autorités de veiller à ce que les militants soient transférés à Nouakchott et bénéficient d’un procès équitable par un tribunal compétent, indépendant et impartial, conformément au droit international des droits de l’homme.

Ils soulignent en outre que l’activisme anti-esclavagiste ne peut pas être un crime.

(Mise en perspective : Isabelle Dupuis)

 

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15/12/2017
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