L'ONU donne un meilleur accès à la justice aux victimes d’exploitation et d’abus sexuels par des humanitaires

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WIlliam Lacy Swing, Directeur Général de l’OIM. (Saisie d’image: ONU/C.Silveiro)

Les travailleurs humanitaires seront dorénavant tenus de rendre des comptes sur toute situation d'exploitation et d’abus sexuel par les travailleurs humanitaires sur le terrain, a affirmé jeudi le Directeur  général de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), William Lacy Swing, lors du lancement des nouveaux guides inter-agences des meilleures pratiques et mécanismes de plaintes sur la question, au Siège des Nations Unies, à New York.

Selon le haut fonctionnaire, les agences de l'ONU ont, à travers ces directives, tenté de régulariser et créer une architecture, « pour que tout le monde ait les mêmes règles de conduites », qui guident « les humanitaires et donnent aux personnes violées par les humanitaires accès à la justice ».

Désormais les questions d'exploitation et d'abus feront partie des évaluations des humanitaires qui doivent expressément faire de leur mieux pour prévenir, mais aussi apporter un appui et donner accès à la justice. Ils ont auront aussi l'obligation d'informer régulièrement le Siège de l'Organisation à New York de tout cas sur le terrain et de leur suivi.

Selon William Lacy Swing cela permettra de donner une certaine assurance aux communautés desservie par les humanitaires, et de s'assurer que les personnes qui ont commis ces actes ont été suspendues.

Pour le Directeur général de l'OIM, en donnant aux victimes la possibilité de présenter leur cas et de porter plainte sans honte, ces directives rééquilibrent les rapports de force entre humanitaires et bénéficiaires.

« Mais il manque encore des choses » prévient William Lacy Swing, soulignant que les Nations Unies n'ont pas encore un programme de compensation.

« Aussi nous n'avons pas encore un système qui puisse absolument assurer que quelqu'un qui ait commis ces crimes ne revienne pas dans le système et ça c'est quelque chose pour l'avenir» a conclu le chef de l'OIM.

(Interview: William Lacy Swing, Directeur général de l'OIM; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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20/10/2017
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