Iraq : près de la moitié des déplacés de Mossoul sont des enfants (UNICEF)

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Parmi ces déplacés iraquiens, la majorité sont des femmes et des enfants (photo d’archives: UNICEF/Mackenzie)

« Tristesse et détresse ». Voilà comment le Directeur régional UNICEF pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord décrit le sort des enfants déplacés rencontrés la semaine dernière lors de sa mission en Iraq. Geert Cappelaere revient de Debaga où ont été installés des camps de déplacés à 80 km environ de Mossoul. Ce haut responsable de l'UNICEF y a rencontré « des dizaines d'enfants déplacés qui ont souffert de deux ans de privation des services sociaux de base, des enfants qui n'ont pas été vaccinés, des gamins privés d'école avec comme unique option : suivre l'éducation fournie par les djihadistes ».

 

Depuis quelques jours des centaines de familles quittent leur village pour le camp de Debaga, au sud-est de Mossoul. Elles ont anticipé ou fui le début des combats entre l'armée iraquienne aidée par les forces de la coalition et les djihadistes de l'Etat islamique. Si dans son pire scénario des conséquences de cette bataille de Mossoul, le Haut -Commissariat de l'ONU pour les réfugiés table sur un million de déplacés, l'UNICEF s'inquiète déjà des conséquences pour les enfants. Le Directeur régional du Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) a affirmé que les enfants constituent probablement au moins 50% de la population de Mossoul.

Mais pour le moment, Geert Cappelaere a indiqué que 1700 enfants sont arrivés dans le camp de Debaga seulement en une semaine depuis le lancement de l'offensive pour la reprise de Mossoul. Ils s'ajoutent au nombre quasiment équivalent de ceux qui se trouvaient déjà sur le site parmi 32.000 personnes.

Autre source de préoccupation pour l'UNICEF, ces informations faisant état d'au moins 132 cas d'enfants utilisés comme soldats par l'Etat islamique (EI). Quelque 400 sont suspects. Mais le chiffre devrait être plus important, a indiqué M. Cappelaere. De même que celui des quelques cas d'enlèvements qui ont pu être déjà authentifiés.

De façon plus générale, Geert Cappelaere indique que les organismes humanitaires se préparent pour une action de long terme face à ces déplacements. Mais il demande aussi à rester actif pour venir en aide aux 5 millions d'enfants qui ont besoin d'assistance dans l'ensemble du pays. Et de faire en sorte que les enfants puissent rester dans les sites libérés par l'armée. Des enfants qui ont probablement été témoins pendant deux ans des pires atrocités, qui ont vécu dans des conditions très extrêmes, et qui ont besoin d'un soutien psychologique indispensable pour reprendre une vie d'enfant.

(Interview : Geert Cappelaere, Directeur régional UNICEF pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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