Haïti/Matthew: la riposte est d'une « difficulté extraordinaire », affirme le Conseiller spécial de l'ONU

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La destruction à Les Cayes, Haïti, suite au passage de l’ouragan Matthew. (UN Photo/ Logan Abassi)

Onze jours après le passage dévastateur de l'ouragan Matthew, les Haïtiens restent forts, même s'ils sont frustrés et ont énormément de besoins, a affirmé mardi le Conseiller spécial du Secrétaire général chargé de la réponse au choléra de l'ONU en Haïti, à l’issue d'une visite de quatre jours sur place.

Selon David Nabarro, les besoins sont très élevés dans les villes mais la plupart des besoins sont en milieu rural.

« J'ai trouvé que les gens sont vraiment mobilisés pour améliorer leurs vies, pour commencer la reconstruction de leurs maisons et trouver des choses à manger » a dit le Conseiller spécial.

Selon lui cependant la riposte est “d'une difficulté extraordinaire”.  Il va falloir la renforcer et la proroger pendant des semaines voire des mois de plus.

« On a trouvé beaucoup d'organisations excellentes qui travaillent dans les domaines de l'eau, de la santé, de l’alimentation, de la réparation des maisons, mais on a besoin de beaucoup plus » a constaté David Nabarro.

Il faut notamment encore évaluer les besoins d'environ 15% des zones affectées, pousser pour rétablir les routes. Aussi, il faut améliorer la coordination et augmenter l'impact de la réponse.

« La menace du choléra est là, elle, toujours là, on a les autres maladies aussi » a affirmé le Dr Nabarro, soulignant qu'il y avait un manque d'hôpitaux et de cliniques non seulement parce que leur personnel a tout perdu mais parce que les installations ont été détruites.

Le responsable de la réponse onusienne au choléra en Haïti est néanmoins conforté par le fait que les Haïtiens comprennent le danger que présentent les eaux salles et cherchent des tablettes pour arriver à les traiter.

Dans les situations comme celle qui survient après le passage de Matthew, il y a toujours des tensions, a affirmé le Docteur Nabarro, en réponse à une question sur l'ambiance qui règne et la présence de de tensions.

« Il faut imaginer, qu'on a perdu presque tout, qu'on a des besoins et on n'est pas sûr que les besoins arrivent, qu'on est mal nourris » explique le Conseiller spécial, ajoutant « mais aussi ceux qui apportent l'aide ont beaucoup à faire pour rétablir les routes, pour la sécurité parce que les gens commencent à voler l'aide alimentaire des camions, et il faut prioriser l'aide au gens avec les plus grands besoins alors que ceux-ci sont souvent le plus loin du centre ».

« C'est pour ça que je suis ici et c'est pour cela que je reviendrai, non seulement pour le choléra mais pour toute la riposte humanitaire parce que je sais que c'est une situation très très difficile », a déclaré David Nabarro.

(Interview : David Nabarro, Conseiller spécial du Secrétaire général sur le Programme de développement durable à l'horizon 2030 et chargé de la réponse de l'ONU au choléra en Haiti; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

 

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23/10/2017
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