Haïti : l'ONU se mobile après le passage de l'ouragan Matthew

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Une femme haïtienne traversant une rue de la capitale Port-au-Prince après le passage de l’ouragan Matthew le 4 octobre 2016. Photo: UN/MINUSTAH/L. Abassi

Le puissant ouragan Matthew progressait ce mercredi vers les Etats-Unis après avoir fait, selon les rapports des médias, au moins neuf morts et dévasté des milliers d'habitations en Haïti et en République dominicaine. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et les autorités haïtiennes ne pouvaient pas estimer l'ampleur des dégâts alors que la moitié sud d'Haïti, particulièrement affectée, a été coupée du reste du pays après l'effondrement d'un pont mardi et surtout en raison des problèmes d'accès dans les régions les plus touchées.

« Mais avec un ouragan d'une telle ampleur à cause des pluies, des inondations, des possibles glissements de terrain, il y aura forcément un impact lourd pour la population », fait remarquer Vanessa Huguenin, porte-parole d'OCHA au cours d'une interview accordée à la Radio des Nations Unies.

 

Même si c'est « encore un peu tôt pour avoir une vision complète des dommages causés par l'ouragan », le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) indique que des rapports des médias font état de l'inondation d'une dizaine de villes dans le Sud d'Haïti.  Les organismes humanitaires redoutent surtout les conséquences de ces fortes pluies pour les toits des maisons dans la troisième ville du pays, Les Cayes, et dans les autres régions affectées. « C'est inquiétant d'avoir un ouragan de cette force qui frappe les côtes. Il y a des vents violents, des pluies torrentielles, des maisons et des terres agricoles touchées », a souligné Vanessa Huguenin.

Dans tous les cas, les autorités haïtiennes et les responsables de la Mission des Nations Unies à Haïti ont pris des mesures avant l'arrivée de l'ouragan. Selon la porte-parole d'OCHA, 1300 centres ont été ouverts et ces abris d'urgence peuvent accueillir plus de 300.000 personnes. Des annonces de prévention ont été également faites dans les médias alors que les écoles et l'aéroport de la capitale haïtienne ont été fermés.

« Mais aujourd'hui l'urgence c'est de répondre de manière adaptée et rapide », a souligné cette porte-parole d'OCHA qui rappelle que les Nations Unies ont renforcé depuis dimanche leurs effectifs. Une équipe d'évaluation de la catastrophe et de coordination en cas de catastrophe (UNDAC) était attendue dans le Sud d'Haïti.

Par ailleurs, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) a déployé son personnel et des ressources d'urgence à la suite du cyclone Matthew. Le PAM a ainsi pré-positionné suffisamment de nourriture d'urgence pour alimenter près de 300.000 personnes pendant un mois si nécessaire.

L'autre urgence pour les organismes humanitaires, c'est de fournir de l'eau potable surtout après que des cas de choléra ont été signalés à Randel. Le dernier bulletin d'OCHA fait état de cinq décès par les communautés locales et d'un mort enregistré dans un dispensaire. C'est dans ce contexte que le Bureau des Amériques de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a renforcé ses effectifs à Haïti en déployant dans la zone touchée une équipe de quatre experts. Une réponse urgente en phase avec la nouvelle approche déclinée le 19 août dernier par le Secrétaire général de l'ONU en faveur de l'élimination du choléra en Haïti. Pour Ban Ki-Moon et les Nations Unies, l'objectif est désormais est d'apporter une aide et un soutien matériels à ceux qui sont le plus directement touchés par l'épidémie de choléra. Et cela passe par un accès durable aux systèmes d'adduction d'eau, d'assainissement et de santé et en investissant d'ores et déjà dans des solutions à long terme.

(Extrait sonore : Vanessa Huguenin, porte-parole du Bureau de l'ONU de la coordination des affaires humanitaires à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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13/12/2017
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