Haïti/Matthew : l'ONU juge urgent d'agir rapidement pour éviter une propagation du choléra

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Le cyclone Matthew début octobre 2016 a causé d'importantes destructions en Haïti. Photo Logan Abassi/MINUSTAH

Il est urgent d’agir rapidement en Haïti pour éviter une propagation du choléra après les dégâts causés par le cyclone Matthew, a jugé vendredi le Vice-Secrétaire général de l’ONU, au Siège de l'ONU à New York.

Jan Eliasson a souligné qu’il fallait également mettre en œuvre une nouvelle approche sur le long terme face à cette maladie dans ce pays.

« Les réseaux d’eau et d’assainissement dans les zones touchées par l’ouragan ont été détruits. Il faut agir rapidement pour éviter une crise de santé publique, principalement en raison d’une nouvelle propagation du choléra », a dit Jan Eliasson, lors d’un exposé devant les États membres des Nations Unies sur cette nouvelle approche.

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), grâce à de l’argent octroyé par le Fonds central d’intervention d’urgence (CERF), a envoyé des équipes d’intervention rapide dans les zones affectées par l’ouragan pour contrôler la propagation de la maladie. De son côté, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a envoyé un million de doses de vaccins contre le choléra.

Selon le Vice-Secrétaire général, le risque élevé de choléra rend la nouvelle approche élaborée par les Nations Unies « d’autant plus urgente ».

« Nous connaissons trop bien le lourd tribut du choléra en Haïti. Nous devons stopper cette maladie de toute urgence », a-t-il ajouté. « Au-delà de l’intervention d’urgence, nous devons soutenir les programmes et les solutions durables qui réduisent la vulnérabilité et renforcent la résilience ».

La nouvelle approche de choléra comprend deux pistes de travail, a-t-il précisé.

La première consiste à intensifier les efforts pour traiter et éliminer le choléra, ainsi que pour améliorer l’accès à long terme à l’eau potable et à l’assainissement. « Nous devons renforcer la résilience à la maladie et, ce qui est le plus important, mettre fin aux décès », a déclaré Jan Eliasson.

La deuxième piste de travail vise à élaborer une proposition d’assistance matérielle aux Haïtiens les plus touchés par le choléra après le début de l’épidémie en 2010. « Le Secrétaire général a l’intention de présenter une proposition à ce sujet à l’Assemblée générale avant de quitter ses fonctions », a expliqué le Vice-Secrétaire général. Le mandat de Ban Ki-moon s’achève le 31 décembre 2016.

« Nous nous engageons à discuter de cette proposition avec les Haïtiens, à la fois le gouvernement et les personnes les plus touchées par le choléra. Nous avons dû ajuster le calendrier des consultations et la présentation du Secrétaire général à l’Assemblée générale aux nouvelles réalités causées par l’ouragan », a-t-il ajouté.

« Il s’agit du peuple haïtien. Et c’est la bonne chose à faire pour le peuple haïtien. C’est également la bonne chose à faire pour notre organisation et pour notre capacité à continuer à faire le bien dans le monde entier, souvent dans des environnements très difficiles. J’espère que vous êtes d’accord sur le fait qu’il s’agit d’une responsabilité morale collective de l’ensemble de l’Organisation », a encore dit M. Eliasson.

Il a précisé que le financement total jugé nécessaire pour les deux pistes de travail est évalué à plus de 400 millions de dollars au cours des deux prochaines années.

Le Dr David Nabarro, Conseiller spécial du Secrétaire général et chargé de la nouvelle réponse de l'ONU face au choléra en Haiti, était également parmi les intervenants de la réunion, l'occasion de le recevoir dans nos studios et de le faire revenir sur les teneurs de l'approche.

 

(Interview: Dr David Nabarro, Conseiller spécial du Secrétaire général et chargé de la nouvelle approche de l'ONU face au choléra en Haïti; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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13/12/2017
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