Compétitivité et commerce : le poids des normes sur les PME

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Les normes sont omniprésentes et variées. Les jouets, les produits pharmaceutiques, le commerce et l'exportation de fruits et légumes exigent différentes séries de réglementations. Elles déterminent ainsi si l'eau potable est propre à la consommation ou si un médicament peut être mis en vente. Le Centre du commerce international (ITC) s'est donc penché sur ce labyrinthe de normes qui montre que les obstacles non tarifaires au commerce touchent deux fois plus les petites et moyennes entreprises (PME) que les entités plus grandes.

 

L'investissement dans les normes et réglementations est onéreux surtout pour les PME. Un nouveau rapport du Centre du commerce international (ITC) montre que lorsqu'il y a une augmentation de 10% de la fréquence des obstacles au commerce, la valeur des exportations décroît de 1,6 % pour les grandes sociétés. En revanche, elle chute de 3,2% pour les exportations de petites sociétés.
En gros, pour le CCI, les standards ont des conséquences sur chaque partie d'une activité économique. Ce nouveau rapport sur la compétitivité des PME montrent qu'ils concernent aussi bien les conditions de travail que les transports et d'autres domaines encore. Mais dans ce labyrinthe, seuls les plus forts survivent. Il s'agit des entreprises qui ont la capacité financière d'absorber des coûts accrus et de présenter des produits moins chers aux consommateurs. Seuls ceux qui peuvent prendre en compte des coûts en augmentation se maintiennent.

Du coup, pour le CCI, les PME doivent d'abord chercher à être compétitives avant d'entrer dans les chaînes d'approvisionnement internationales. Sur un autre plan, cette institution onusienne demande aux décideurs d'améliorer la gouvernance et multiplier les mécanismes internationaux de facilitation du commerce.

Par ailleurs, l'autre enseignement de ce rapport sur les aperçus régionaux montre que les normes sont les clefs de l'exploitation du potentiel à l'export. Ainsi en Afrique subsaharienne, produits frais, métaux et produits pourraient davantage être exportés. « Les métaux et les produits manufacturés, et dans une moindre mesure les produits chimiques, offrent des opportunités  de diversification des exportations », souligne le rapport.

Le document montre aussi que l'Afrique du Nord et le Proche-Orient pourraient améliorer leurs exportations de produits alimentaires frais et transformés. L'Asie/Pacifique pourrait faire mieux sur les technologies de l'information, l'Amérique latine et les Caraïbes sur les produits frais et l'équipement pour les transports.
Enfin, le rapport que les femmes propriétaires d'entreprises exportatrices font face à davantage d'obstacles en matière de standards. « Par exemple, lorsque l'exportation est subordonnée à la délivrance d'une licence, une chef d'entreprise peut être confrontée à la discrimination dans les pays ayant des barrières culturelles en matière de genre. Ceci peut prendre la forme d'une demande de pot-de-vin ou d'un délai supplémentaire dans le traitement de la demande », conclut le rapport.

(Interview : Arancha Gonzalez, Directrice exécutive du Centre du commerce international ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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15/12/2017
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