Cinquante ans après leurs adoptions, l'ONU réaffirme l'importance des pactes relatifs aux droits de l’homme

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Le Vice-Secrétaire général de l'ONU, Jan Eliasson, devant l'Assemblée générale des Nations Unies. Photo ONU/Cia Pak

A l’occasion du cinquantième anniversaire de l’adoption des deux pactes relatifs aux droits de l’homme, le Vice-Secrétaire général de l’ONU, Jan Eliasson, et le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, ont rappelé mercredi aux Etats membres l’importance d’honorer leurs engagements en matière de droits de l’homme.

Le 16 décembre 1966, l’Assemblée générale a adopté le Pacte international relatif aux droits civils et politiques

et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, complétant la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 pour former la Charte internationale des droits de l’homme.

« Leurs adoptions ont galvanisé le consensus sur le fait que la protection et la réalisation des droits de l’homme sont fondamentales pour construire des sociétés résilientes, inclusives et pacifiques », a déclaré M. Eliasson devant l’Assemblée générale des Nations Unies, précisant que l’objectif doit être la ratification universelle des Pactes.

Le Vice-Secrétaire général a rappelé que les Pactes ont inspiré les instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme, influencé les constitutions nationales dans le monde entier, guidé les tribunaux nationaux et régionaux, et fourni une base normative pour le travail d’institutions indépendantes nationales des droits de l’homme.

« Ils ont confirmé une langue universelle commune des droits de l’homme – au cœur desquels demeure le droit à la vie », a-t-il dit. « L’abolition de la peine de mort a considérablement progressé. Mais nous devons intensifier nos efforts pour mettre fin à cette pratique inhumaine des exécutions une fois pour toutes ».

M. Eliasson a toutefois rappelé que les violations graves des droits de l’homme restent un défi énorme. « Et là, je pense à tous les droits de l’homme – politiques, civils, économiques, sociaux et culturels », a-t-il précisé. Le numéro deux de l’ONU a cité la nécessité de protéger les libertés civiles dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, d’empêcher les famines et de défendre la protection sociale, même en période de crise économique. Il a également rappelé l’importance de respecter la liberté religieuse et la tolérance, de lutter contre la discrimination pour tous, y compris les migrants, de lutter contre toutes les formes de violence, en particulier à l’encontre des femmes et des enfants et de créer un espace de liberté d’expression afin que les médias libres et les défenseurs des droits humains puissent agir sans intimidation.

« Le peuple du monde, tous les peuples du monde ont droit à la vie et à ne pas être soumis à la torture, à l’esclavage et à la discrimination », a déclaré pour sa part M. Zeid. Se faisant l’écho des préoccupations énumérées par le Vice-Secrétaire général, le Haut-Commissaire a rappelé que les peuples ont aussi droit à des élections, à un procès équitable, à l’éducation, à un mode de vie adéquat, à des salaires équitables, à des conditions de travail sûres, à un logement décent, à un meilleur niveau de santé et à une protection adéquate selon l’âge, les maladies et les accidents.

« Ce ne sont pas des mots vides, mais des droits », a dit M Zeid. « Chaque Etat représenté dans cette salle a fait serment de rendre des comptes à son peuple afin d’assurer que ces droits soient respectés », a-t-il rappelé.

Le chef des droits de l’homme de l’ONU, les Pactes continuent aujourd’hui de porter leurs fruits. « Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Accord de Paris sur le changement climatique tirent leurs énergies de (ces deux Pactes) – la lutte pour mettre fin à la discrimination dans tous les domaines et construire une gouvernance fondée sur les droits civiques, politiques, économiques, sociaux et culturels », a-t-il dit. « Il n’y aura pas de paix, ni de développement, ni de sécurité, ni d’avenir si nous ignorons les droits des peuples – de tous les peuples du monde », a-t-il prévenu rappelant que les Pactes ont constitué une ligne de vie pour des millions de femmes, d’hommes et d’enfants ces 50 dernières années.

« Le 50e anniversaire des Pactes doit être l’occasion de réaffirmer notre engagement envers la Charte internationale des droits de l’homme – le grand triptyque de principe et d’engagement formée par les deux Pactes et la Déclaration universelle des droits de l’homme », a rappelé M. Zeid. « Ces textes sont les fondement de la bonne gouvernance. En eux réside l’espoir du monde pour la paix », a-t-il conclu.

(Extrait sonore : mise en perspective par Jérôme Longué)

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20/10/2017
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