Cinq enfants sur six âgés de moins de deux ans ne reçoivent pas un apport nutritionnel suffisant, selon l’UNICEF

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Une mère tient son enfant qui mange de la pastèque à Niamey, au Niger. Photo UNICEF/Giacomo Pirozzi

Cinq enfants sur six âgés de moins de deux ans ne consomment pas suffisamment d’aliments nutritifs pour leur âge, ce qui les prive de l’énergie et des nutriments dont ils ont besoin au stade le plus décisif de leur développement physique et cognitif, d’après un nouveau rapport du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).

« Ce sont les nourrissons et jeunes enfants qui ont les besoins en nutriments les plus élevés au cours d’une vie. Cependant, l’organisme et le cerveau de millions de jeunes enfants n’atteignent pas leur plein potentiel en raison d’une alimentation insuffisante, à un stade trop tardif », a déploré la Conseillère principale pour la nutrition à l’UNICEF, France Begin. « À un si jeune âge, la malnutrition entraîne des lésions mentales et physiques irréversibles ».

Les données de l’UNICEF révèlent que les pratiques nutritionnelles inadaptées, notamment l’introduction tardive des aliments solides, les repas peu fréquents et le manque de diversité alimentaire, sont monnaie courante, et privent les enfants de nutriments essentiels à un âge où leur cerveau, leurs os et leur organisme en développement en ont le plus besoin.

Les résultats indiquent ainsi que les jeunes enfants reçoivent leurs premières cuillerées trop tardivement. En effet, un bébé sur cinq ne consomme pas d’aliments solides avant l’âge de 11 mois.

La moitié des enfants âgés de six mois à deux ans ne prennent pas le nombre minimum de repas recommandé pour leur âge, ce qui accroît le risque de retard de croissance.

Moins d’un tiers des enfants de six mois à deux ans reçoivent une alimentation diversifiée, définie comme la consommation d’aliments provenant d’au moins quatre groupes alimentaires chaque jour, et souffrent ainsi de carences en vitamines et minéraux.

Près de la moitié des enfants d’âge préscolaire souffrent d’anémie et la moitié seulement des enfants âgés de six à onze mois reçoivent des aliments d’origine animale, notamment du poisson, de la viande, des œufs et des produits laitiers, qui représentent une source essentielle de zinc et de fer.

Le coût élevé des aliments d’origine animale ne permet pas aux familles les plus pauvres d’améliorer l’alimentation de leurs enfants. En Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, seul un enfant sur six âgés de six à onze mois provenant de foyers défavorisés bénéficie d’un régime présentant une diversification minimale, contre un sur trois dans les foyers les plus aisés ;

Selon l’UNICEF, une meilleure nutrition chez les jeunes enfants permettrait de sauver 100.000 vies par an.

L’agence onusienne estime que les gouvernements et le secteur privé devront investir de façon plus massive et plus ciblée pour rendre les aliments nutritifs abordables et accessibles aux enfants les plus pauvres. Les transferts en espèces ou en nature aux familles vulnérables, les programmes de diversification des cultures et l’enrichissement des denrées alimentaires de base sont autant de mesures fondamentales pour améliorer la nutrition des jeunes enfants. Il est par ailleurs crucial de mettre en place des services de santé communautaires qui forment les responsables des foyers à de meilleures pratiques alimentaires, mais aussi de garantir un accès à l’eau salubre et à un système d’assainissement, absolument indispensables pour prévenir la diarrhée chez les enfants.

« Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre notre combat contre la malnutrition des jeunes enfants. Leur capacité à grandir, apprendre et contribuer à l’avenir de leur pays en dépend », a conclu Mme Begin.

(Extrait sonore : Mise en perspective par Jérôme Longué)

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20/10/2017
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