Ban Ki-moon: «Je suis venu en Haïti exprimer ma solidarité envers le peuple haïtien»

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Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, survolant en hélicoptère les zones sinistrées d’Haïti après le passage au début du mois de l’ouragan Matthew (Photo : crédit ONU)

On trouvera ci-dessous le transcript des remarques liminaires du Secrétaire général aux médias à l'issue de sa visite en Haïti et l’intégralité de l’audio de la conférence de presse donnée par Ban Ki-moon, à Port-au-Prince, le samedi 15 octobre 2016

Bonjou tout moun.

Je remercie son Excellence le Président provisoire Privert de son accueil.

Je suis venu en Haïti exprimer ma solidarité envers le peuple haïtien.

C'est une chose que de lire des descriptions de dégâts causés par l'ouragan. C'en est une autre de les voir par soi-même.

Aujourd'hui, aux Cayes, j'ai vu une dévastation absolue.

J'ai entendu de nombreuses victimes. J'ai ressenti leur douleur. Je comprends leurs frustrations, même leur colère.

Des familles déjà démunies ont tout perdu – leurs foyers, leurs cultures, leurs moyens de subsistance.

Je sais que ceux qui sont touchés peuvent se sentir seuls. Mais je suis allé au Cayes pour dire haut et fort que l'ONU est avec vous. Je suis avec vous.

Haïti connaît sa plus grande catastrophe humanitaire depuis le tremblement de terre de 2010.

Nous avons lancé un appel éclair à hauteur de 120 millions de dollars.

J'exhorte tous les amis d'Haïti dans le monde entier à se manifester et à faire un don, à apporter à la population d'Haïti les ressources dont elle a désespérément besoin.

C'est une question de vie ou de mort.

L'ouragan a bouleversé les vies. Il a également perturbé les élections.

Je me félicite que le Conseil électoral provisoire ait annoncé de nouvelles dates pour la tenue des élections, dont le premier tour aura lieu le 20 novembre, cette année.

Ceci montre que le Gouvernement est résolu à rétablir l'ordre constitutionnel malgré les difficultés causées par l'ouragan.

Je tiens également à parler d'un autre défi crucial rendu plus difficile encore par l'ouragan – la lutte contre le choléra.

Je déplore vivement les pertes en vies humaines et les souffrances. J'aurais voulu que cette catastrophe puisse être évitée. Je déplore vivement que l'épidémie continue, s'ajoutant à la misère causée par l'ouragan, qui a accru le risque de transmission de la maladie.

L'ONU intensifie ses actions contre le choléra.

Nous redoublons d'efforts pour contenir l'épidémie et pour que chacun ait accès à des systèmes d'eau potable, d'assainissement et de santé.

Nous sommes en train d'élaborer un programme d'assistance matérielle pour ceux qui sont le plus directement touchés par le choléra.

J'exhorte la communauté internationale à fournir un appui sur les deux fronts. Nous devons nous acquitter de notre devoir moral.

Mesdames et Messieurs,

Saisissant cette occasion, je condamne fermement toute attaque contre les convois humanitaires. Aujourd'hui, j'étais moi-même témoin d'une telle attaque où des camions du Programme alimentaire mondial (PAM) ont été attaques devant la base de la MINUSTAH. Toute attaque contre un convoi humanitaire est une attaque contre ceux qui souffrent, contre ceux qui sont les plus nécessiteux. Je comprends l'impatience et la colère des populations qui attendent de secours d'urgence. Nous faisons tout notre possible pour ouvrir des routes et permettre à ces secours d'arriver le plus vite que possible. Mais quand des camions de médicaments sont attaqués et pillés, quand des vivres et de l'eau sont pillés, ceci ne peut qu'accroitre la détresse de tous et décourager l'aide internationale. Je vous en conjure : laissez l'aide passer.

Mesdames et Messieurs,

Une fois encore, je vous assure de mon plein appui et de ma solidarité. Je n'oublierai jamais ce que j'ai entendu et vu aujourd'hui aux Cayes

Et je travaillerai avec acharnement pour que le monde se souvienne – et agisse.

Mesi anpil. Merci beaucoup

 

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15/12/2017
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