#UNGA71 : témoigner pour lutter contre les migrations et la traite des êtres humains

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Adama Dieng. (Photo: ONU/C.Silveiro)

Si la souffrance et les morts des migrants et réfugiés tentant de traverser la Méditerranée sont bien documentés, les abus dont il font l'objet dans les pays de transit et d'origine le sont moins, a affirmé le Conseiller spécial des Nations Unies pour la prévention du génocide, Adama Dieng, en ouvrant la Manifestation de haut niveau sur le thème "Témoignage : lutte contre la traite des êtres humains et la migration forcée", en marge du débat de la 71ème session de l'Assemblée générale, vendredi.

« Personne ne quitte de quête et de cœur son village » a expliqué Adama Dieng, au micro de la Radio des Nations Unies, précisant que ces personnes font souvent l'objet de violences extrêmes qui pourraient constituer des atrocités criminelles.

« Dans leur recherche de l'asile, ces personnes sont soit utilisées comme des objets sexuels, soit victimes de viols, certaines arrivent à destination enceintes, hélas aujourd'hui plus de 3.000 personnes sont mortes en Méditerranée dans le courant de l'année, et il faut faire quelque chose », a déclaré le Conseiller spécial contre le génocide.

« Nous voulons surtout mobiliser les femmes et les jeunes, parce que ce sont surtout les femmes et les jeunes, qui sont les premières victimes de trafic éhonté », a précisé Adama Dieng.

La Manifestation de haut niveau a rassemblé des témoins des pays d'origine, de transit mais aussi de destination des migrants et réfugiés, pour partager leur expérience.

Lors de l'évènement, le Conseiller a appelé à tenir les auteurs de ces crimes liés à la traite des êtres humains et des migrations forcées responsables de leurs actes.

Il a également souligné qu'en agissant sur les causes profondes de ces crimes d'atrocité, réduirait le flux de migrations forcées et, par conséquent, la traite des êtres humains.

La Représentante spéciale du Secrétaire général pour les violences liées aux conflits armés a également participé à la rencontre.

Zeinab Hawa Bangura a affirmé que les violences sexuelles étaient devenues une forme de persécution pour les populations déplacées à travers le monde et surtout dans la Corne de l'Afrique, en Iraq et en Syrie.

La Représentante spéciale a souligné que le fléau des violences sexuelles liées aux conflits arme était non seulement devenu un facteur moteur mais un aussi une conséquence du déplacement.

Zeinab Hawa Bangura a appelé les États Membres présents à reconnaître les violences sexuelles liées aux conflits en tant que forme de persécution donnant droit au statut de réfugié, de mettre des mesures de prévention en place dans les lieux où les réfugiés et migrants cherche refuge; et de renforcer les services d'appui pour les survivants de ces violences.

La Manifestation a été coorganisée par le Bureau de la prévention du génocide et de la responsabilité de protéger, le Conseil œcuménique des Églises et le Centre de Dialogue KAICIID, en collaboration avec les Missions permanentes de l'Espagne et de l'Italie, l'Institut d'études stratégiques et la démocratie de Malte et le Partenariat international sur la religion et le développement durable)

(Interview : Adama Dieng, Conseiller spécial des Nations Unies pour la prévention du génocide; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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20/10/2017
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