Syrie : l'ONU déplore le blocage d'un convoi humanitaire à destination de 185.000 civils à Alep

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Le 24 août 2016, deux enfants marchent bras dessous bras dessus dans une rue endommagée par les combats à Alep. Photo UNICEF/Rami Zayat

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, Stephen O’Brien, s’est dit peiné et déçu lundi qu’un convoi des Nations Unies n’ait pas encore pu se rendre en Syrie depuis la Turquie et accéder en toute sécurité à l’est d’Alep, où des dizaines de milliers de personnes restent coincées sans nourriture, sans eau, sans abri approprié ou soins médicaux.

« Je souhaite que toutes les parties au conflit, et ceux qui ont une influence sur elles, voient le convoi comme une occasion d’aller de l’avant », a déclaré M. O’Brien dans une déclaration à la presse. « Toutes les parties doivent faciliter un accès régulier et soutenu aux familles dans toutes les zones assiégées et difficiles à atteindre dans tout le pays et à travers la ligne de démarcation et les itinéraires transfrontaliers ».

Selon lui, ces 20 camions auraient constitué le premier de deux convois avec de la farine et d’autres denrées alimentaires pouvant nourrir environ 185.000 personnes pendant un mois. Il a également rappelé que les travailleurs humanitaires n’ont pas été en mesure d’atteindre l’est d’Alep depuis les affrontements qui ont commencé le 7 juillet entre les forces gouvernementales syriennes et des groupes armés non étatiques.

« Les habitants de la Syrie souffrent depuis longtemps. Des millions de civils syriens continuent de faire face à des privations et une violence horrible, en particulier ceux qui sont piégés dans les zones assiégées et difficiles à atteindre », a souligné M. O’Brien rappelant que l’Organisation des Nations Unies continue d’appeler à un accès inconditionnel, sans entrave et durable auprès des populations.

Pour le Secrétaire général adjoint, la livraison de l’aide humanitaire est urgente, tout comme l’accès des équipes médicales afin qu’elles puissent examiner et traiter les patients et évacuer des personnes gravement malades, des personnes âgées, des personnes handicapées et des enfants.

« L’aide humanitaire doit rester neutre, impartiale et libre de considérations politiques et militaires », a dit M. O’Brien. « L’Organisation des Nations Unies et nos partenaires restent prêts à répondre aux besoins de la population, quels qu’ils soient et où qu’ils soient ».

(Extrait sonore : Mise en perspective par Jérôme Longué)

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15/12/2017
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