Syrie: le Conseil de sécurité se réunit en urgence suite aux violences “sans précédent”

Écouter /

L’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, s’adresse au Conseil de sécurité de l’ONU. (Photo: ONU/M.Eliasa)

Le Conseil de sécurité s'est réuni, dimanche, à la demande des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni, pour examiner la situation en Syrie, suite à l'escalade des violences qui ont suivi cette semaine la fin de la cessation des hostilités, conclue suite à l'Accord entre les États-Unis et le Fédération de Russie, le 9 septembre dernier.

Les Quinze ont entendu l'Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, rendre compte de la situation dans le pays, y compris de l'aggravation dse violences et des besoins humanitaires, notamment dans l’est de la ville d’Alep.

Selon lui, cette dernière semaine a été l'une des pires pour la Syrie depuis le début du conflit qui dure depuis bientôt 6 ans.

Staffan de Mistura a évoqué des rapports de bombardements à échelle et de type « sans précédents », décrivant des bombes incendiaires, qui « créent des boules de feu d’une telle intensité qu'elles illuminent l'obscurité comme s'il faisait jour ».

Il a également fait état de rapport de bombes capables de détruire des bunkers et d'images de cratères créés par les bombes beaucoup plus grands que lors des bombardements aériens précédents.

Selon lui, si elle est avérée, cette utilisation systématique d’armes frappant sans discrimination des zones densément peuplées de civils, cela constituerait des crimes de guerre.

L'Envoyé a également dénoncé l’attaques contre le convoi humanitaire le 19 septembre dernier, qui a tué 20 travailleurs humanitaires et détruit 18 des 31 camions du convoi, soulignant que depuis celle-ci la situation dans l'est d'Alep atteignait des nouveaux niveaux d'horreur.

Les 275.000 habitants de l'est de la ville d’Alep sont de facto assiégés depuis près de 20 jours et l'assistance arrive à sa fin, a affirmé Staffan de Mistura.

Il ne reste plus que 12.000 rations alimentaires pour nourrir 65.000 personnes sur les 275.000 et les pénuries de carburant pour usage public tel que pour cuisiner se font sentir, a précisé l'Envoyé.

Staffan de Mistura a demandé au Conseil de sécurité de faire pression pour la cessation des hostilités et la protection des civils; l'instauration de pauses humanitaires de 48 heures chaque semaine sans préconditions; et la mise en œuvre d'évacuation médicales. Il a également évoqué le développement d'un plan d'action commun pour renforcer la cessation des hostilités, ainsi que l'appui aux pourparlers menés par l'ONU.

Pour l'Envoyé spécial, il existe une petite fenêtre d’opportunité pour que la Fédération de Russie et les États-Unis parviennent à aider les Syriens à s'éloigner d'une situation qui risque de s'aggraver.

(Mise en perspective : Cristina Silveiro)

 

 

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
20/10/2017
Loading the player ...