Soudan du Sud: environ 100.000 personnes encerclées par les forces gouvernementales à Yei (HCR)

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Une jeune Sud-soudanaise cuisine un repas dans un camp dans le nord de l'Ouganda. Photo HCR/Will Swanson

L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés s'est vivement préoccupée du sort de plus 100.000 personnes piégées à Yei. Dans cette localité sud-soudanaise située de la province de l'Equateur Central, à environ 150 kilomètres au sud-ouest de la capitale Juba, les civils étaient jusque-là épargnés par les violences.

C'est une nouvelle péripétie dans la crise humanitaire au Soudan du Sud. Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) s'est inquiété vendredi de la situation d'environ 100.000 personnes piégées dans la localité sud-soudanaise de Yei, qui est encerclée par les forces gouvernementales sud-soudanaises.

Plus de 30.000 personnes venant des environs ont été déplacées vers Yei à la suite d'attaques meurtrières contre des civils et de pillages de propriétés privées les 11 et 13 septembre. Elles ont rejoint plusieurs milliers d'autres déplacés déjà présents dans Yei ainsi que les 60.000 habitants de cette ville.

Une mission inter-agences, dirigée par le HCR, a d'ailleurs pu se rendre le 27 septembre sur place, à Yei, située au sud-ouest de la capitale sud-soudanaise Juba dans la province de l'Equateur Central, près de l'Ouganda et de la République démocratique du Congo (RDC).

Sur place, les humanitaires ont observé que des dizaines de milliers de déplacés se trouvaient dans des maisons abandonnées tandis que d'autres, moins nombreux, s'étaient réfugiés dans des bâtiments appartenant à l'Eglise. Ces déplacés sont confrontés à « une grave pénurie de nourriture et de médicaments ».

Si Yei était épargné par les violences depuis décembre 2013, la situation sécuritaire s'est détériorée rapidement après la reprise du conflit à Juba en Juillet dernier. Les populations de Yei vivant principalement de l'agriculture, sont désormais ciblées par les violences en raison de soupçons de leur appartenance à des groupes d'opposition. « La situation dans la région de l'Equateur a été très violente, mais les habitants de Yei n'avaient pas été touchés directement jusqu'à présent. Cela a changé, je ne suis pas sûr de savoir ce qui a causé ce changement », a fait remarquer William Splinder, porte-parole du HCR, lors d'un point de presse ce vendredi à Genève.

Les agences onusiennes ont ainsi rencontré à Yei des hommes et des femmes terrorisés par les violences et qui ont témoigné d'une brutalité horrible contre des civils avant et pendant leur fuite, notamment des agressions, des assassinats ciblés, des mutilations, des pillages et les incendies de biens. Des gens ont été sauvagement battus à mort, y compris des femmes, des enfants et des nourrissons. La mission a enfin reçu des informations faisant état de l'arrestation de nombreux jeunes hommes, âgés entre 17 et 30 ans, suspectés de pactiser avec l'opposition.

Il faut juste rappeler que la guerre civile qui a éclaté en décembre 2013 a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé 2,6 millions de civils et provoqué une grave crise humanitaire.

(Extrait sonore : William Splinder, porte-parole du HCR à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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